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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/377

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gie des nerfs et des sens, ainsi que l’appui des recherches comparées d’ethnologie et de sociologie, il sembla déjà que la psychologie avait acquis une base assez solide et que désormais elle aurait droit au nom de science. C’est précisément • ce droit que M. Stewart a mis en doute : « Le psychologue moderne, écrit-il, est profondément mécontent de son objet, les sciences exactes et de classifications le rendent jaloux par la splendeur de leur méthode et de leurs résultats ; c’est avec amertume qu’il arrive à se convaincre que les phénomènes psychiques ne sont pas d’une nature suffisamment déterminée pour former l’objet d’une science, et c’est pour cette raison qu’il »se voit forcé de les allier à d’autres phénomènes. » M. Stewart a donc mis en doute la possibilité d’une psychologie scientifique parce qu’il lui a paru que son objet ne saurait être défini avec précision, ni séparé de celui des autres sciences. A cette raison majeure il en joint encore d’autres, savoir : que l’objet de la psychologie ne peut être aussi exactement mesuré ni classé d’après quelque principe naturel ou généalogique.

Considérons attentivement ces difficultés. Nous observerons avant tout que l’objet d’aucune science ne se laisse séparer complètement ni exactement de celui des sciences analogues, sans en excepter la mathématique, qui malgré son exactitude n’en est pas moins si étroitement liée à la mécanique et à l’astronomie, qu’il serait presque impossible de marquer au juste le point où finit la mathématique pure et où commence la mathématique appliquée. Il ne serait pas moins difficile de tracer une ligne de démarcation assez exacte entre la matière réelle des recherches purement physiques et celle des recherches chimiques, ou bien de séparer la chimie de la physiologie avec tant de précision que les objets de ces deux sciences ne puissent empiéter l’un sur l’autre. Il n’y aurait donc rien d’extraordinaire à ce que l’objet de la psychologie ne se laissât pas séparer exactement de celui des autres sciences. Si nous considérons que l’organisme physiologique est le champ où les phénomènes de l’âme viennent se manifester, il ne pourra nous étonner qu’ils soient étroitement liés à ceux du corps. Rappelons aussi cette grande vérité démontrée par Auguste Comte avec tant de génie, que le développement d’une science plus compliquée dépend de celui des sciences moins complexes, et nous comprendrons aisément pourquoi la psychologie ne s’est consolidée que lorsque la physiologie le fut déjà complètement.

Sans nullement perdre de vue les propriétés de toutes les sciences en général, et de "la psychologie en particulier, nous nous permettrons, non-seulement de ne point partager le jugement porté sur la