Ouvrir le menu principal

Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/375

Cette page n’a pas encore été corrigée


LOTZE. — SUR LA FORMATION DE LA NOTION D'ESPACE 365

plus près de l'orangé que du vert. Il en est de même de l'espace. Nous n'en avons pas d'abord l'intuition vide, pour y disposer ensuite les images de ce qui peut faire impression sur nous; mais réagis- sant, selon les lois de notre nature, contre* les excitations déjà subies, nous commençons par localiser une impression p près d'une autre q, en imaginant une ligne mn, qu'on peut appeler élément de l'espace futur, mais non pas une ligne dans l'espace, car cet espace entier, dans lequel elle pourrait être tracée, n'existe pas encore. C'est plus tard, en observant ce que nous avons fait ou ce qui s'est fait en nous, que nous nous apercevons de la possibilité de réunir deux de ces lignes, pq, rs t par deux autres pr et qs, et continuant ces observa- tions, nous acquérons la conviction que cette possibilité de com- biner, de lier des points donnés n'a pas de borne ; alors est formée l'intuition de l'espace infini; c'est le résultat delà combinaison des réactions élémentaires innées dans l'âme, et lui appartenant, comme on dit, a priori.

H. Lotze.

�� �