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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/366

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356 REVUE PHILOSOPHIQUE

cherche, à savoir la faculté de connaître la position dans l'espace.

Les ondes d'effets accessoires, que nous avons décrites en parlant des excitations de la peau, ne satisfont pas encore aux conditions imposées, selon ce qui précède, aux véritables signes locaux. Com- posées chacune d'une multitude de mouvements fort petits, elles offrent, comme les odeurs, comme les timbres des divers instru- ments, des différences de qualités bien marquées; mais elles ne forment pas un système de termes qui, par l'identité de leur déno- mination commune, permettent une évaluation exacte en quantités commensurables. Doit-on en conclure que ces signes ne suffisent pas, par eux-mêmes, à faire localiser les sensations produites par les excitations cutanées? Nous croyons qu'ils ne suffisent pas. Deux signes a et p, accompagnant la même sensation *, nous autorisent bien à distinguer comme deux sensations les sensations toc et «p, mais pas encore à interpréter cette distinction en supposant une ligne dans l'espace dont les extrémités A et B seraient les points d'origine de l'une et de l'autre.

Pour localiser ainsi des sensations, il faut posséder déjà l'image géométrique des contours du corps et avoir appris, par expérience, à quel point A ou B les sensations doivent être rapportées suivant qu'elles sont affectées des signes a ou p. Ce n'est que lorsque cette condition sera remplie, que la pluralité des signes a, p, y, S, associés à la même sensation principale w, pourra nous faire imaginer une impression produite à la fois sur plusieurs points de la peau, ou répandue sur tout un continu d'étendue; c'est ainsi qu'un certain degré de chaleur agissant sur la surface entière du corps nous donne cette sensation remarquable d'une impression faible, mais mul- tiple, bien différente d'une impression unique, concentrée et plus intense.

C'est enfin à la même condition que nous pouvons reconnaître le lieu où se produit une excitation que nous ne voyons pas de nos yeux se produire. Quand nous avons vu une fois un objet extérieur au moment où il agit sur la peau, au point A, le signe a, se joignant dès son apparition à la sensation tu, est associé pour toujours à l'image du point A, et toute autre sensation x, accompagnée du même signe a, sera rapportée à ce même point, sans qu'il soit néces- saire de vérifier par la vue cette localisation aussi sûre que prompte. On voit, d'ailleurs, que ce service modeste rendu par les signes locaux ne manque cependant pas d'importance. En effet, il ne suffit pas d'avoir vu l'excitation p agir sur le point A; car, dans le cours de la vie, cette même excitation p aura pu successivement agir sur beaucoup de points, A, B, C, D,... et la sensation * se renouvelant

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