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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/359

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LOTZE. — SUR LA FORMATION DE LA NOTION D'ESPACE 349

b, qui, à un moment donné, doit être rapportée à l'une ou à l'autre extrémité de la ligne AB. Il n'y a donc que les sensations ^ et x elles-mêmes qui puissent apporter avec elles-mêmes le signe de leur localisation. Mais nous savons, ou nous avons supposé d'après des expériences connues, que des sensations de qualités différentes, par exemple la sensation du rouge, «, celle du vert, x, peuvent se pro- duire partout et que celle du rouge, ir, n'est pas toujours fixée au même point A, pas plus que celle du vert, x, au point B. Ce n'est donc pas cette qualité du rouge ou de vert qui sera l'indice de loca- lisation des sensations ; elles ne pourront apporter cet indice que comme un signe accessoire qu'elles auront reçu à un moment donné, précisément parce qu'à ce moment même elles ont été provoquées dans tel lieu et non dans tel autre. Le point nerveux A, subissant une excitation quelconque p ou g, ajoutera donc aux sensations ainsi déterminées, -k ou x, ce signe accessoire a, son signe local, qui sera constamment le même, «, quelle que soit la qualité, ou rouge ic, ou jaune |x, que représentent les sensations provoquées par l'excitation qu'il a subie; de même le point B accompagnera de son signe local p, toujours le même pour ce même point, toutes les sensations quelles qu'elles soient, -k, x, -k, qu'une excitation quelconque, p, g, m, produite en ce point, éveillera dans l'âme. Enfin la même sen- sation, tï ou x, lorsqu'elle sera déterminée simultanément par l'exci- tation de plusieurs points, A,B,G, recevra les signes locaux de chacun de ces points, et les couples ««, «p, itix, ou xa, x{3, xtx, se substitueront aux simples sensations « et x.

On ne manquera pas de faire plusieurs questions sur la nature, l'origine et les effets de ces signes locaux. Si l'on demande en quoi ils consistent, l'expérience seule permettra de répondre; car on ne peut guère supposer qu'ils soient de même nature pour les deux genres de sensations qui se prêtent à une localisation exacte, celles de la vue et celles du toucher. Sans entrer dans la discussion des hypothèses pos- sibles sur ce sujet, nous pouvons du moins donner quelques indica- tions générales qui servent à définir cette sorte de signes ; ce ne sont pas des relations que l'âme ait à interpréter, mais bien des affections que l'âme subit réellement en elle-même. Nous n'affirmons pas qu'on puisse toujours les regarder comme des sensations de même nature que les autres sensations principales, ir,x,... auxquelles ces signes s'ajoutent ; ils ressembleront plutôt le plus souvent à ces sensations de fatigue, de langueur ou de vigueur, qui accompagnent l'exercice de notre activité, et qui, quelles qu'elles soient, claires ou obscures, constituent toujours des affections que nous éprouvons, des manières d'être qui indiquent quel est, à un moment donné, l'état de notre

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