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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/256

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246 REVUE PHILOSOPHIQUE

« pas tel, mais qu'il se détruise lui-même, qu'en tant qu'il existe « comme le beau négatif, sa contradiction se résolve et que son « accord avec lui se rétablisse. Le beau, dans ce processus, apparaît « comme la puissance qui soumet à sa domination la révolte du « laid. Dans cette conciliation naît une sérénité infinie qui excite en « nous le rire. Le laid s'affranchit dans ce mouvement de sa nature « hybride, propre, isolée. Il comprend son impuissance et devient le « comique. Tout comique comprend en soi un moment qui s'oppose oc au pur idéal. Mais cette négation est refoulée, réduite à n'être « qu'une simple apparence, elle se résout dans un rien ; l'idéal posi- « tif est reconnu dans le comique. La manifestation négative elle- « même se dissipe. » (Ibid.)

Telle est en effet la théorie hégélienne du comique. L'auteur n'au- rait-il pas pu la rendre plus claire, la dépouiller un peu de ce lan- gage qui s'adresse aux initiés? Craindrait-il que, livrée aux profanes, elle ne perdît de sa profondeur et de sa vérité, ou bien encore qu'elle ne fût sujette à quelques objections ? A. nos yeux, il est re- grettable qu'un livre débute ainsi. Qu'il s'agisse du laid comme du beau, quand on reprend une thèse que l'on dit n'avoir pas été suffi- samment ni complètement traitée, il faudrait la traiter soi-même avec plus d'ampleur, de clarté, et la développer sans répéter servile- ment les formules sacramentelles de l'école. — Mais poursuivons. « Si le beau est ainsi Ventrée dans le domaine du laid, le comique sera la sortie. » — Gela est trop évident. Seulement, selon d'autres esthéticiens de la même école (Weisse, Schasler) , le laid serait plutôt le vestibule du beau véritable (du beau idéal). « Le beau, ajoute notre auteur, exclut de lui-même le laid ; le comique fraternise avec lui, mais il lui enlève ce qu'il a de repoussant, parce que en opposi- tion avec le beau il fait apparaître son caractère relatif et sa nul- lité. » (Ibid., p. 9.) Cette théorie peut être vraie exposée ailleurs (V. Ruge). Nous reconnaissons du moins ce qu'elle a d'original; mais encore une fois, sur de telles questions n'eût-il pas fallu être plus clair et plus explicite? N'eût-il pas été bien d'établir une dis- cussion qui fait ici absolument défaut ? Quant à la méthode, elle est, dit-on, toute tracée par ce qui précède. La marche à suivre dans l'es-

hétique du laid sera celle-ci : 1° Commencer par l'idée du beau, sans la développer « en dire 'ce qu'il faut pour faire comprendre le « laid qui est sa négation » ; 2° cette recherche doit finir par le co- mique. Très-bien ; mais encore faut-il remplir ce cadre. Pourquoi passer si légèrement sur le premier terme? De l'idée du beau il n'est rien dit ou presque rien. L'auteur se hâte d'arriver au second; quant au troisième terme (le comique), la caricature qui est à la sortie en fait

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