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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/16

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6 REVUE PHILOSOPHIQUE

sur quelques branches philosophiques, notamment sur l'histoire de la philosophie ancienne et nouvelle; et en 1844, il fit paraître la première partie 1 de sa « Philosophie des Grecs », dont la première édition , comprenant quatre volumes, fut achevée en 1852. Une seconde édition, beaucoup plus développée, commença de paraître en 1856, et fut terminée en 1868. Elle se composait de cinq volumes dont le premier était consacré à la philosophie anté-socratique, les deux suivants à Socrate, Platon et Aristote, et les deux derniers à la philosophie postérieure à Aristote y compris le Néo-Platonisme . Le premier volume vient de reparaître en 4 e édition (1877); le second a paru en 1875 en troisième édition.

M Zeller n'avait pu longtemps poursuivre, à Tûbingue même, les travaux philosophiques qu'il y avait commencés. Le gouvernement wûrtembergeois s'effraya de l'indépendance du jeune érudit ; et loin de lui conférer le titre de professeur, que méritait, semblait-il, un en- seignement aussi goûté que solide, il lui interdit toute espèce de cours philosophiques ou théologiques. La Suisse l'appela alors (1847) à l'université de Berne, comme professeur de théologie. Cette nomi- nation causa un grand émoi dans le parti conversateur de Berne, qui déclara la religion menacée, et qui multiplia les brochures et les articles de journaux pour essayer de renverser, sous ce prétexte, le gouvernement radical. Mais le Grand-Conseil maintint, à une forte majorité, la nomination, et le calme se rétablitpeuà peu.

Dès l'année 1849, l'Allemagne rappela M. Zeller; mais cène fut ni Bade, ni la Prusse, ni la Saxe, qui lui offrirent cette réparation. « Honneur, s'écrie à ce sujet David Strauss 2 , honneur à qui le mérite ! Ce fut l'électorat tant dédaigné de Hesse-Cassel. On était alors, il est vrai, sous le ministère Eberhard. Mais les successeurs de cet homme d'Etat, qui arrivèrent au pouvoir avant que M. Zeller eût pu répondre à son appel, ne rapportèrent pas sa décision. Seulement ils firent passer le nouveau professeur de la faculté de théologie dans la fa- culté de philosophie. Pouvons-nous toutefois regretter un changement qui nous a valu une œuvre telle que la Philosophie des Grecs ? »

M. Zeller passa treize années (1849-1862) dans la petite université de la Hesse-Cassel, à Marbourg, ville de 8000 habitants. Pendant ce temps, il se détacha de plus en plus du système de Hegel ; et quand, en 1862, il fut nommé professeur ordinaire de philosophie à l'université de Heidelberg, il déclara, dès sa leçon d'ouverture 3 , que la philosophie allemande devait revenir aux recherches critiques de Kant sur l'ori-

1. Allant jusqu'à Socrate inclusivement.

2. Die Zeit, Frankfurt a. M., 20 déc. 1861, loc. cit.

3. Veber die Bedeut. u. Aufgabe der Erkentniss théorie, Heidelberg, 1862.

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