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LE JARDIN DE L’INSTITUTEUR.

Au bout de cinq ou six jours, les fruits cueillis, poires ou pommes, seront en état d’être placés au fruitier.

Dans nos campagnes, chez la plupart des personnes, le fruitier est tout bonnement la cave ou le grenier, à moins que ce ne soit une chambre inoccupée. En hiver, le grenier n’est point à l’abri de la gelée ; la cave est trop chaude et trop humide ; la chambre inoccupée peut être sujette à de fréquents renouvellements de l’air. Le meilleur fruitier pour un instituteur qui n’a pas de grosses provisions à conserver, c’est un petit cabinet au premier étage, un cabinet sans fenêtres, bien sec, bien sombre, où la gelée ne soit pas à craindre. On le garnit de rayons sur toutes ses faces et on y place les fruits de façon qu’ils ne se touchent point. Une fois par semaine, deux fois au plus, on entre dans le fruitier, on tire la porte sur soi et on le visite rapidement avec une lanterne sourde, afin d’enlever les fruits gâtés. En somme, pas de changement d’air, pas de lumière du jour, pas de température élevée, pas de température basse. Dans ces conditions, vos fruits se conserveront bien.

Les cultivateurs de raisins de treille qui veulent conserver du chasselas où du Frankenthal ont souvent recours à ces cabinets sombres. Les planchettes du rayonnage ont alors des encoches qui retiennent par le goulot de longues fioles dans lesquelles on met de l’eau ordinaire et une cuillerée à café de charbon de bois en poudre. Le raisin à conserver est cueilli avec un bout de sarment que l’on dépouille de ses feuilles, et on tient ce sarment plongé dans la fiole. C’est ainsi que l’on a des raisins frais à la sortie de l'hiver, mais ils ont perdu un peu de leur saveur sucrée. Ceci devient un défaut pour le chasselas de Thomery et de Fontainebleau ; pour d’au-