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Page:Revue du Pays de Caux n5 novembre 1902.djvu/34

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REVUE DU PAYS DE CAUX

Chinois. La suprématie qu’il était censé exercer sur eux demeurait plus fictive que réelle. Doumer exigea de la métropole le rétablissement de la résidence supérieure du Tonkin, poste qui avait existé au début avant la création de celui de gouverneur général. Puis on constitua un Conseil supérieur réunissant autour du représentant de la République les chefs de service et les délégués des colons et des indigènes ; on créa des services communs à toute l’Indo-Chine, douanes, agriculture, travaux publics, postes, etc… ; enfin un budget général fut établi, dont la gestion appartint au gouverneur et au conseil supérieur et qui groupa les dépenses d’intérêts communs.

Vint ensuite le remaniement du système fiscal, entreprise audacieuse mais nécessaire. Les budgets du Tonkin, de l’Annam, du Cambodge et de la Cochinchine se trouvaient en déficit ou sans ressources. Doumer mit en régie l’alcool, l’opium et le sel et tout en s’efforçant d’atteindre une meilleure répartition des impôts directs, il s’appliqua à leur faire produire davantage. Depuis que cette réforme est accomplie, les budgets Indo-Chinois se soldent régulièrement par des excédents, celui du gouvernement général se montait pour 1902 à 68 millions de recettes et il y avait 30 millions de réserve dans les caisses.

En même temps, la prospérité augmentait. Le commerce général (importations, exportations, transit et cabotage) passait de 215.720.000 francs en 1896 à 534.950.000 en 1901 : soit une augmentation de près de 150 pour 100, et portant, chose remarquable, sur les quatre branches du commerce, d’une façon continue et sans le moindre fléchissement.

L’agriculture a marché à pas de géants : l’exploitation du caoutchouc, la soie, le riz, le coton, le thé ont progressé rapidement. Les institutions scientifiques ont suivi un développement parallèle. Successivement se sont ouverts l’Institut Pasteur de Nha-Trang, l’institut bactériologique de Saïgon, le laboratoire de Hanoï, l’observatoire de Phu-Lien, les services géographique et géologique, le collège Européen et l’école de médecine indigène de Hanoï. Enfin l’Indo-Chine a pu prendre à son compte 14 millions de dépenses militaires annuelles. Le cap Saint-Jacques fortifié, des corps de tirailleurs Cambodgiens constitués, des batteries d’artillerie mixtes et un embryon de cavalerie indigène organisé, tout cela assure, contre une attaque, les longs rivages de l’Asie Française.