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Page:Revue du Pays de Caux n5 novembre 1902.djvu/30

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REVUE DU PAYS DE CAUX

lait l’engagement, de la part de la France, de respecter l’intégrité de l’Annam. M. Bourée fut désavoué et rappelé, cependant que l’héroïque Rivière, insuffisamment soutenu, achevait la conquête du Delta et succombait, le 19 avril 1883, sous les coups des Pavillons-Noirs dans une attaque qui nous coûta 30 morts et 55 blessés. Aussitôt, des renforts furent envoyés ; une division navale fut créée et placée sous le commandement de l’amiral Courbet ; M. Harmand fut nommé commissaire général de la République et le général Bouet, commandant supérieur des troupes. Cette division des forces était une erreur et une faute. Si l’amiral Courbet, en bombardant et en prenant les forts de Thuan-An situés à l’embouchure de la rivière de Hué força immédiatement l’Annam à demander la paix (Tu-Duc venait de mourir, laissant le trône à Hiep-Hoa), le général Bouet débuta au Tonkin par un demi-échec et fut rappelé à la suite de dissentiments avec M. Harmand. Bientôt d’ailleurs celui-ci dut revenir à son tour. Les Chinois entraient en campagne et la nécessité s’imposait d’une direction militaire unique. L’amiral Courbet prit le commandement général.


Tuyen-Quan et Fou-Tchéou

Les Français étaient déjà maîtres de Haï-Dzuong, une des clefs du Delta du Fleuve-Rouge. La Chine envoya ouvertement des renforts, ce que son ambassadeur à Paris se décida à notifier le 17 novembre 1883 : ses soldats furent repoussés devant Haï-Dzuong. Avant la fin de l’année le drapeau tricolore flottait sur Sontay. L’énergie de Jules Ferry obtenait du Parlement les crédits nécessaires à l’envoi au Tonkin de 16.000 hommes sous le commandement du général Millot. Le 12 mars, nos troupes entraient à Bac-Ninh ; le 13 avril, à Hong-Hoa ; le 1er juin à Tuyen-Quan après un glorieux combat. Entre temps, un traité avait été convenu à Tien-Tsin entre les représentants de la France et de la Chine ; mais une fois les signatures échangées, les Chinois, profitant de la sécurité dans laquelle on se trouvait au camp Français, rompirent l’armistice traitreusement. La surprise de Bac-Lé (23 juin) amena le gouvernement à réclamer à Pékin des satisfactions immédiates. Elles furent refusées le 21 août. Immédiatement l’amiral Courbet reçut toute liberté d’agir. Il pénétra avec une adresse inouïe dans la rivière Min, et le 23 août y détruisit toute la flotte Chinoise composée de 22 navires ; le lendemain il anéantit l’arsenal de Fou-