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Page:Revue du Pays de Caux n5 novembre 1902.djvu/24

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REVUE DU PAYS DE CAUX

Robes et Chapeaux.

Ce n’est pas pour la France un chapitre superflu que celui des toilettes, et jusqu’ici la République avait su maintenir cette royauté des élégances féminines que lui léguèrent les régimes précédents, on nous annonce que c’en est fait de ce sceptre-là qui sera brisé après tant d’autres. C’est peut-être aller un peu vite en besogne. Toutefois, il est vrai, que d’une part, la plupart des grandes maisons qui, à Paris, décident des modes nouvelles, sont actuellement dirigées par des étrangers, que ces maisons ont des succursales à New-York, à Londres, à Vienne, et que dès lors, le « goût Français » ne préside plus exclusivement aux caprices des élégantes d’Europe et d’Amérique. On doit le regretter à un double point de vue. C’est une branche du commerce qui menace de se tarir, une source d’exportations multiples, car les industries qui concourent à pourvoir le luxe féminin sont extrêmement nombreuses. C’est aussi un moyen d’influence et d’action nationales. Ne souriez pas ; tous les moyens sont bons pour se susciter des sympathies dans le vaste univers, et si les femmes sont accoutumées à tourner de loin leurs regards vers la France afin d’y chercher le secret des artifices qui rehaussent leur beauté, les hommes seront mieux disposés eux aussi à lui témoigner de bienveillants égards.

Pour réagir contre le mouvement dont nous parlons, il faudrait que des maisons Françaises s’établissent en plus grand nombre à l’étranger ; elles y réussiraient. Il paraît qu’à Prague, par exemple, une modiste de Paris ferait fortune. Et pourquoi n’iraient-elles point, nos modistes ? Ce n’est pas le bout du monde… Et plus loin aussi ; on verrait s’étaler partout le rappel de la royauté parisienne, et cela enlèverait beaucoup de valeur aux paroles des grands couturiers étrangers de Paris qui commencent à dire à leurs clientes Françaises, avec une nuance de despotisme : « Voilà ce que l’on fait à New-York… Ceci est la dernière mode de Londres… »

Au Vènèzuela.

Le président Castro est parti en guerre contre l’Angleterre et l’Allemagne du même coup ; il a violé le droit des gens, s’est exposé à de rudes représailles. C’est un fou. Aussi bien ne sont-ce