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Page:Revue du Pays de Caux n5 novembre 1902.djvu/23

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CE QUI SE PASSE DANS LE MONDE

tête du gouvernement Hellénique, l’octogénaire et infatigable Théodore Delyanni. Le rival éternel de feu Tricoupis reprend allègrement des fonctions déjà tant de fois exercées et avec quel éclat ! Tricoupis avait peut-être plus d’ampleur dans les ambitions et de profondeur dans les vues ; son énergie était plus spontanée et plus virile ; Delyanni a pour lui une incomparable souplesse qui habille une admirable persévérance ; et ce sont peut-être bien les qualités les plus enviables chez un homme d’État.

Où désarme-t-on ?

On peut se le demander ? Est-ce en Angleterre ? Mais, hier encore, à la Chambre des Communes, le Ministre de la Guerre du Royaume-Uni, M. Brodrick, réclamant une augmentation des effectifs de l’armée de terre et de l’armée navale, expliquait que cette mesure était « dictée par les mêmes mobiles qui font qu’un homme assure sa vie, pour se garantir contre l’imprévu ». Même sentiment exprimé dans le dernier message du président Roosevelt, qui est pourtant un pacifique, qui l’a dit et précisé. Le chef d’État Américain préconise une puissante marine pour les États-Unis en même temps que la création d’un corps d’officiers d’État-Major pour l’armée de terre.

L’Allemagne, bien entendu, nous a habitués à de continuelles propositions d’accroissement des effectifs. Aussi, n’y a-t-il rien d’étonnant à ce qu’elle parle de créer de nouveaux escadrons de cavalerie ; mais en créer deux cents à la fois, c’est peut-être beaucoup. D’autre part, on dépense des sommes énormes — et sans bruit — pour achever la construction des forts et des chemins de fer stratégiques de la rive gauche du Rhin. Nous avons indiqué plus haut les projets du Japon. Voici maintenant qu’à Budapest, le gouvernement demande à la Diète des crédits nécessaires pour augmenter de 25.000 hommes l’armée Hongroise.

Après cela, on peut conférencer sur la paix qui vient et les peuples qui veulent s’embrasser, mais à la condition d’acheter des cartouches en sortant de telles conférences. Car en vérité, lecteurs, nous ne nous lasserons de vous le répéter, ce qui vient, ce n’est point la paix, mais la guerre et, moins que jamais, les peuples songent à s’embrasser.