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Page:Revue du Pays de Caux n5 novembre 1902.djvu/14

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REVUE DU PAYS DE CAUX

l’indice d’une très profonde et très redoutable révolution dans l’équilibre Balkanique. La Roumanie, depuis des années, se complaisait à afficher une indépendance d’allures qui était réelle : on la savait inféodée à l’Allemagne et dernièrement elle mit à se rapprocher de la Grèce un empressement très remarqué. On dirait qu’aujourd’hui le roi Charles trouve que l’Allemagne est bien loin de lui et qu’en revanche la Russie l’environne de bien près. Regardez, en effet, les progrès moscovites : ils sont énormes. De plus en plus la Mer Noire devient un lac Russe et par l’annexion morale de la Bulgarie (c’est bien ainsi qu’on peut désigner le mouvement dont les fêtes de Chipka ont été le couronnement) la Roumanie se trouve encerclée par les terres et les eaux Russes… Non ! en vérité, ce n’est point la paix qu’on a célébrée à Chipka et d’ailleurs, à l’heure même, les insurgés de Macédoine se battaient contre les Turcs aux environs de Monastir. Soudoyés ou non par la Bulgarie, c’est pour le Tsar qu’ils travaillaient.

Le petit coup d’état de M. Tarte.

Ce bon M. Tarte n’est pas « à la crème » : il est plutôt aux concombres. C’est du moins ce qu’a dû penser Sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada, en rentrant chez lui : il avait laissé des collègues dociles qui promettaient d’être bien sages en son absence et voilà que l’un d’eux, M. Tarte en personne, a fait à son chef une niche de premier ordre. Il s’est mis à la tête des protectionnistes, lui, membre d’un cabinet libre-échangiste, a déposé une espèce d’ultimatum fulgurant et s’en est allé avec fracas. Il parait que M. Tarte a de nombreux partisans et il est loin, d’ailleurs, d’être le premier venu. Ce n’en est pas moins un drôle de procédé.

Le retour du « Fram ».

Après quatre années passées dans les régions polaires, le navire de Nansen est rentré le 28 août à Christiania ; il en était parti le 24 juin 1898. Cette fois l’illustre explorateur n’était pas de la partie. C’est son second, Otto Sverdrup qui commandait l’expédition. Il voulait explorer les archipels qui s’étendent au nord du