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Page:Revue du Pays de Caux n4 septembre 1902.djvu/7

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CE QUI SE PASSE DANS LE MONDE

tacle jusqu’en ses fibres les plus profondes et ses sentiments se sont manifestés avec une puissance et une intensité qui n’eussent point éclaté sur les pas du premier cortège, plus complet pourtant et plus somptueux encore. Ainsi la maladie d’Édouard vii l’a mieux servi que tous ses courtisans n’auraient su le faire.

M. de Bennigsen.

La mort de l’ancien Président supérieur de la province de Hanovre n’a point une importance Européenne, a en juger par la valeur de l’homme. Esprit distingué, fonctionnaire de grand mérite, M. de Bennigsen n’était pas fait pour les tout premiers rôles. Mais le hasard des circonstances et l’ardeur des convictions le poussèrent à la tête d’un parti qui a joué l’un des plus grands — sinon le premier rôle — dans l’organisation de l’Allemagne nouvelle. M. de Bennigsen appartenait à cette génération d’Allemands que le libéralisme de 1848 avait à jamais conquis et qui, d’autre part, étaient prêts à tous les sacrifices pour aider à réaliser l’unité de leur patrie. Et leur existence fut, en effet, durement ballottée entre les deux pôles de ces aspirations devenues étrangement contradictoires. La force ayant entrepris d’accomplir l’œuvre devant laquelle la liberté avait échouée, les patriotes, amis de la liberté durent taire leurs préférences pour favoriser le triomphe de l’idée nationale. Quelques-uns devinrent autoritaires ; mais la plupart, et Bennigsen en tête, demeurèrent fidèles à leurs convictions, tout en renonçant à les faire dominer. Ce genre d’abnégation est toujours respectable et il est presque toujours fécond. L’homme tient d’autant plus fortement à une œuvre qu’il a dû se faire violence pour l’édifier. Rien ne cimente plus solidement les institutions politiques et sociales que la dose de sacrifice versée dans leurs fondations. L’empire Allemand a tiré une large part de sa puissance de dévouements semblables et il est permis de penser que les Français clairvoyants et loyaux qui, répondant les uns à l’appel de Thiers, les autres à celui de Gambetta, fondèrent la République par des concessions mutuelles, ont grandement contribué à la rendre stable et prospère.

Au Vatican.

La nomination du cardinal Gotti à l’importante charge de préfet de la Propagande a d’autant plus attiré l’attention que le nouveau