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Page:Revue du Pays de Caux n4 septembre 1902.djvu/4

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REVUE DU PAYS DE CAUX

logique ne l’affectent pas trop ; mais dès qu’avec le repos et la tranquillité lui revient la possibilité de raisonner, cette diable de logique reprend les rênes ; à la moindre égratignure que lui font les événements, toute la nation se révolte.

Et, dans son lointain palais, la méchante fée rigole.


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CE QUI SE PASSE DANS LE MONDE



Beaucoup de choses… comme toujours. Il ne faut pas que l’absence de faits très saillants au dehors et, chez nous, l’abus de scènes énervantes nous empêchent de regarder dans le grand kaléïdoscope ; des modifications considérables s’y opèrent sans bruit alors que se produisent à grand fracas des événements qui paraissent immenses et dont la portée, au contraire, est très faible : erreurs qu’un tour de roue répare, anathèmes qu’une heure efface, démolitions dont une construction nouvelle masque aussitôt la brèche.

La visite de Sir Wilfrid Laurier.

Plus important que les séjours parmi nous du Shah de Perse ou même de la reine Christine d’Espagne est le passage à Paris du premier ministre Canadien. L’homme qui nous arrive, paré d’un titre Britannique et porteur d’un prénom d’allure Germanique, est pourtant un Français et le sang de notre race coule, très pur, dans ses veines. Son nom est symbolique, car il a conquis, dans sa belle carrière politique, beaucoup de lauriers ; mais sa plus grande victoire a été son accession, déjà ancienne, à la présidence du conseil Canadien et cette victoire-là rejaillit sur la France. Elle incarne la revanche des Canadiens-Français sur les ostracismes dont les frappa jadis l’Anglais vainqueur. Aujourd’hui, c’est le vaincu qui gouverne. Avant Laurier plusieurs de ses compatriotes avaient participé au gouvernement fédéral ; aucun ne l’avait présidé. L’homme d’État auquel est échu l’honneur de cette innovation