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Page:Revue du Pays de Caux n3 mai 1903.djvu/8

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REVUE DU PAYS DE CAUX

bli par des Belges, voilà qui est intolérable ! L’impôt en nature est partout inévitable ; il a existé, à l’origine, dans presque toutes les colonies Anglaises ou Allemandes. Quant au trafic esclavagiste, dès 1886, l’état du Congo a tenté de l’arrêter en créant une chaîne de postes défensifs et si l’on consulte les plus récents rapports, on voit que les efforts accomplis ont donné de très heureux résultats. Plus de cent postes nouveaux ont été créés entre 1886 et 1900. Quant aux charges militaires qui pèsent sur les habitants, elles n’atteignent qu’un seul homme par 25 cases, soit en moyenne un sur cent ; les soldats sont bien traités, et avantageusement pourvus de terres au sortir de service.

L’état du Congo peut se vanter par ailleurs de notables progrès. En 1901, le commerce général montait à 73.590.488 francs dont 23.102.064 pour les importations (contre 4.984.455 en 1892) et 50.488.394 pour les exportations. Parmi ces dernières figurent le caoutchouc pour 43 millions, l’ivoire pour 4 millions, les noix palmistes pour 1.372.000 francs, le café pour 61.000, l’huile de palme pour 800.000, etc… Près des trois quarts des importations viennent de Belgique. Sur le Haut Congo, la flottille a passé de 7 vapeurs et 105 tonnes en 1890 à 26 vapeurs et 1.260 tonnes ; les chemins de fers se construisent et le réseau télégraphique atteint 1.300 kilomètres. Mais ce qui est surtout digne de remarque c’est que l’importation des alcools est tombée, dans le même temps, de 1.236.000 litres à 194.865. Une colonie naissante qui lutte contre l’alcoolisme, le fait est trop intéressant et trop rare pour n’être pas cité. Et vraiment ce bout de tableau incomplet mais exact suffit, nous semble t-il, à condamner l’entreprise de ceux qui veulent entraver la colonisation du Congo Belge.

Le problème Homérique.

La science… l’infaillible science qui passe son temps à se mettre le doigt dans l’œil avait découvert, il y a quelques années, que les héros chantés par Homère n’étaient que de vulgaires barbares sans culture et sans poésie ; la fantaisie d’un barde inconnu s’était plu à les vêtir de couleurs brillantes mais fausses. Que venait-on parler de rois, de princes, de nobles ? Il n’y avait là que des brutes primitives vêtues de peaux de bêtes, des mangeurs de viande crue. Comment en douter ? La critique triomphante rele-