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REVUE DU PAYS DE CAUX

blique et veulent en tirer profit pour leur petite politique mesquine et passagère ; les autres en décrient la valeur et la portée et n’y veulent voir que des manœuvres intéressées de la part d’adversaires sans scrupules anxieux de nous duper.

Et le second point de vue n’est pas plus bête que le premier n’est faux. Ils se valent.

L’explication est beaucoup plus naturelle ; nous recueillons le fruit de notre sagesse et de notre persévérance, voilà tout. C’est une loi générale applicable aux nations comme aux individus.

Il ne s’agit en tout ceci, ni de M. Combes, ni de M. Loubet ; il s’agit de Thiers, de Mac-Mahon, de Gambetta, de Jules Ferry, de Courbet, de Dodds, de Lavigerie, de Brazza, de Carnot et de toute la foule des bons serviteurs qui ont travaillé depuis trente ans à l’œuvre collective.

Voilà le « bloc » qui s’impose au respect de l’Europe et force son admiration ; quant à l’autre, celui qui alimente nos passions quotidiennes, elle n’en a cure ; elle l’ignore. Son point de vue est celui de la postérité qui verra l’ensemble et ne s’attardera pas au détail.

Jugez-vous de la récolte par un petit coin du champ ? Non, vous l’englobez tout entier d’un coup d’œil expérimenté qui se traduit en un jugement assuré et définitif. Regardons-nous, nous autres Français, l’avenir des États-Unis sous le seul angle de la question nègre et estimons-nous que toute la politique Roumaine tient dans la question juive ?…

Oui ce à quoi nous venons d’assister, c’est la récolte. Vous savez, vous autres cultivateurs Normands, ce que suppose ce terme de récolte ? Il suppose une bonne terre, du bon grain et beaucoup de travail, une part de chance en plus.

La bonne terre nous l’avons ; point de doute. Le travail, nous le fournissons volontiers ; notre race ne ménage pas ses peines. La chance ne nous a point été défavorable. C’est du grain que vient l’aléa.

Celui qu’on a semé depuis trente ans était bon : il visait à fournir une moisson raisonnable, suffisamment abondante, conforme aux qualités du sol et aux habitudes des travailleurs.

Le résultat est devant vous.

Prenons garde seulement à nos semailles actuelles ; méfions-nous du grain aux promesses ambitieuses et, pour tout dire, songeons à l’affreuse famine à laquelle aboutiraient les utopistes qui planteraient du riz sur le plateau Cauchois !