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Page:Revue du Pays de Caux n3 mai 1903.djvu/24

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REVUE DU PAYS DE CAUX

Le sous-sol Algérien contient évidemment des richesses minières assez considérables qui, connues des Romains, furent délaissées par leurs successeurs : du fer, du cuivre, du plomb argentifère, du zinc, de l’antimoine, du mercure ; il y a également des mines de sel et des gisements de pétrole, mais toutes ces exploitations sont secondaires ; il se peut que l’on en découvre de plus importantes. Jusqu’ici les couches de phosphates de la région de Tebessa, sur la frontière Tunisienne, présentent seules un caractère exceptionnellement abondant. Naturellement, la houille faisant défaut l’industrie est à peu près nulle. Les indigènes de Kabylie, formés en sorte de corporations de métiers, continuent la belle tradition des broderies arabes et, pour aider à la fabrication des tapis qui est très active dans le sud, le gouvernement général a encouragé l’établissement d’écoles professionnelles qui rendront de grands services.

Le commerce général de l’Algérie approche de 600 millions de francs, dont plus des deux tiers représentent des échanges avec la métropole. De 1888 à 1898 il a passé de 460 à 588 millions ; c’est un accroissement tardif mais rapide. Les importations dépassent de peu les exportations. Il est bon de remarquer que la valeur du commerce qui se fait par les caravanes sahariennes représente à peine quatre à cinq millions ; on le croyait jadis bien autrement élevé ; du rapprochement de ces chiffres éloquents on est en droit de conclure que toute la prospérité actuelle de l’Algérie est l’œuvre de la France. Les indigènes commencent à en être convaincus. Les insurrections de 1871, de 1878, de 1881 ont été en diminuant d’intensité et en se localisant de plus en plus ; depuis vingt ans, aucun trouble n’a eu lieu.

La province d’Oran (chiffres de 1896) comprend environ 98.000 Français, 105.000 Espagnols, 4.000 Italiens, 3.000 Allemands, 22.000 Israélites indigènes naturalisés, 75.000 arabes sujets Français et 12.000 Marocains ou Tunisiens ; celle d’Alger, 140.000 Français ; celle de Constantine, 85.000 Français, 3.500 étrangers, 10,000 Israélites naturalisés et 1.700,000 indigènes. Cette dernière est la plus peuplée au point de vue indigène ; c’est qu’elle renferme les nombreuses tribus Kabyles qui ont renoncé à la vie nomade pour la vie sédentaire et habitent non plus des tentes, mais des