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Page:Revue du Pays de Caux n3 mai 1903.djvu/19

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LE VOYAGE PRÉSIDENTIEL EN ALGÉRIE ET EN TUNISIE

connaître. Mais cet idéal inaccessible, ce sont quelques journaux Français qui s’en rapprochent le plus. Nous possédons à Paris et en province cinq ou six feuilles dont le style et le fonds paraissent également dignes de louanges et qui partagent très judicieusement la place suffisante, mais non exagérée, dont elles disposent entre les sujets divers qui sollicitent leur attention. Hélas ! rien de pareil n’existe parmi ces journaux Américains qui se cassent, en toute circonstance, l’encensoir sur le nez, mais sont à mille lieues du rôle que la presse doit remplir dans le monde moderne.


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LE VOYAGE PRÉSIDENTIEL EN ALGÉRIE
ET EN TUNISIE



Le voyage que vient d’accomplir le président de la République à travers nos possessions de l’Afrique septentrionale marque une date importante dans leur histoire. C’est une étape qui est franchie, un cycle qui s’est clos, une période nouvelle qui va s’ouvrir. Depuis longtemps la visite du chef de l’État était attendue, mais le projet eut été difficile à exécuter plus tôt. L’Algérie que parcourut Napoléon iii était une région militaire où s’opéraient des grandes manœuvres incessantes ; on n’y voyait guère que des uniformes et des burnous ; l’avenir de la colonie demeurait incertain, son utilité contestable ; la domination Française s’y maintenait au prix de grands efforts et la continuité même de ces efforts empêchait d’en prévoir de plus étendus et de plus décisifs qui seuls eussent pu donner, à l’œuvre entreprise son orientation rationnelle et sa valeur certaine. La France d’alors était on ne peut moins coloniale ; en général les époques de richesse et de joie sont peu favorables à l’essor colonial et les Français du second empire étaient riches et joyeux.

Ce fut la troisième République, régime de dur labeur et de défrichement obstiné, qui, sans disputes ni déclamations, tira le char Algérien de l’ornière où il s’embourbait ; cela ne se fit pas, est-il besoin de le dire, sans erreurs et sans maladresses, sans temps perdu et sans traits cassés, mais enfin cela se fit. Aider les