Ouvrir le menu principal

Page:Revue du Pays de Caux n3 mai 1903.djvu/14

Cette page a été validée par deux contributeurs.
94
REVUE DU PAYS DE CAUX

militaires » complétait l’état chaotique de la partie orientale de l’empire. Les confins formaient une longue et étroite bande de terre qui allait de l’Adriatique aux frontières Moldo-Valaques et sur laquelle vivait une population composite dont le chiffre finit par atteindre un million. C’étaient des soldats appartenant à toutes les races de la monarchie et soumis à un régime à la fois communiste et militaire qui, s’il était favorable à leur entraînement professionnel ne l’était certes pas à leur moralité. Ces guerriers laboureurs avaient été créés en 1550, en vue de défendre les lignes du Danube et de la Save contre les Turcs.

C’est de tous ces éléments divers qu’est faite la Croatie moderne. Si même elle arrivait à les fondre en un tout homogène on ne voit pas bien ce qu’elle gagnerait à séparer ses destins de ceux de la Hongrie. Les Croates ne sont pas opprimés ; ils réclament des libertés de plus en plus grandes, et à Budapesth on fera sagement de leur en octroyer. Mais ces libertés s’accorderont très bien avec le maintien de l’union. Les manifestations devant la statue du baron de Jellachich, ban de Croatie, lequel en 1848 prit parti pour l’Autriche contre la Hongrie ne constituent que des tapages patriotiques. Cette statue rappelle aux Croates qu’ils n’ont rien gagné à se ranger sous la bannière des oppresseurs et que l’Autriche n’a cessé de trahir les promesses qu’elle leur avait faites. Qu’ils luttent pour rendre aussi complète que possible leur autonomie, c’est de bonne politique ; qu’ils recherchent l’indépendance, ce serait absurde et chimérique.

Distribution de chapeaux.

Avec la chaleur on voit apparaître les chapeaux de paille que coiffent les chevaux dans les pays du sud. Les chevaux Français ont décidé depuis quelques années d’en porter, eux aussi, et ils sont parvenus jusqu’à un certain point, à mettre la chose à la mode. La meilleure preuve en est qu’au rayon de sellerie des magasins du Louvre s’étagent en belles piles évocatrices de cuisant soleil et de paysages méridionaux, des chapeaux de paille proprement percés de deux trous à oreilles ; c’est pour les dadas ; cela ne les embellit pas, certes, mais cela les soulage, au moins ceux qui n’ont pas trop de prétentions à l’élégance ; car, il va de soi que les quadrupèdes qui traînent M. Loubet au Grand prix de Paris ou