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Page:Revue du Pays de Caux n1 mars 1902.djvu/23

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QUESTIONS PÉDAGOGIQUES

d’éducation souffre toujours des entraves qui pèsent sur son chef. En même temps que le proviseur, les maîtres-répétiteurs, plus effectivement associés à l’enseignement, voient leur situation s’améliorer. Il ne peut en résulter que du bien. Enfin le service de l’internat est séparé administrativement et financièrement de celui de l’externat, de façon à ce que le lycée puisse bénéficier des excédents ainsi réalisés.

Ce sont là d’heureuses innovations. Il y en a d’autres, un peu plus discutables, bien qu’ingénieuses ; elles ont trait aux programmes d’enseignement. Les études seront divisées en deux cycles. À la fin de la troisième, un examen intérieur sera établi dans le but, selon la pittoresque expression de M. Leygues, de « ménager une sortie en cours de route aux plus pressés ou aux moins capables ». Pour ceux qui spontanément quitteront alors le lycée, le certificat d’études ainsi obtenu aura sa valeur. « Pour ceux qui continuent leurs classes, dit encore le ministre, l’obtention de ce certificat constituera, au même titre que le livret scolaire, une assurance contre les chances du baccalauréat. Quant au refus de certificat, il sera pour les parents un avertissement plus sérieux que celui qui résulte d’un simple examen de passage. Les cours du premier cycle seront de deux sortes ; d’un côté l’enseignement sans latin ; de l’autre l’enseignement avec latin, et avec grec facultatif à partir de la classe de quatrième. À l’entrée du second cycle il y aura donc trois catégories d’élèves ; les uns auront fait du latin et du grec ; les autres du latin et pas de grec ; les derniers n’auront fait ni latin ni grec ; toutes facilités seront offertes aux uns et aux autres pour continuer dans la voie où ils se seront engagés ou pour y apporter des modifications ; certaines matières deviendront facultatives. Chacun pourra, dans de sages limites, augmenter ou diminuer son programme d’études selon ses capacités ou ses ambitions. C’est en somme, la disparition de ce principe d’uniformité qui, avec celui de la dépendance absolue du fonctionnaire, a pesé si lourdement sur toute l’organisation pédagogique française depuis cent ans. Rien qu’à ce titre, l’initiative de M. Leygues mériterait d’être louée.

Au point de vue des études, elle ne portera pas sans doute tous les fruits qu’on en attend. Ce ne sont pas les programmes, mais les méthodes d’enseignement qu’il faudrait réformer. Les nôtres ont vieilli ; elles ne sont plus du tout en rapport avec les besoins de l’époque ; elles prennent beaucoup de temps et aboutissent à des