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Page:Revue du Pays de Caux n1 mars 1902.djvu/10

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REVUE DU PAYS DE CAUX

à votre pensée à faire facilement le tour du monde pour y suivre les labeurs et les conquêtes de vos semblables.

Et ce sera notre joie et notre fierté de relever en toute occasion les traces fréquentes des Normands, nos glorieux ancêtres.

Leur bon sens dans le jugement, leur persévérance dans l’action, leur vaillance dans le péril ont constitué le patrimoine moral de votre race. Il en est peu qui possèdent un pareil passé.

Ces lointaines figures, précisément, émergent aujourd’hui des musées où la curiosité des érudits venait seule les chercher. C’est que la planète tourne et que les siècles reparaissent en des retours imprévus. Après-demain peut-être, on recommencera de ciseler à jour la civilisation, de la travailler en dentelle comme les murailles ajourées de vos impérissables monuments. Mais les heures qui sonnent ont d’autres exigences : c’est le moment d’agir, d’être énergique et fort. Il faut pour les tâches qui s’esquissent des âmes bien trempées et des corps solides.

C’est pourquoi nous inviterons vos fils à l’initiative et à l’audace.

Ainsi se précise la physionomie de notre petite revue et s’explique le préambule inscrit à la première page, et dont nous prétendons faire notre devise… et la vôtre :

Voir loin — parler franc — agir ferme.

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CE QUI SE PASSE DANS LE MONDE



« Beaucoup de bruit pour rien » est le titre d’une comédie de Shakespeare et il y a certes, des moments où ce titre conviendrait à une chronique de politique universelle. Mais en ce moment c’est plutôt la formule inverse qu’il faudrait employer. « Peu de bruit pour beaucoup » répondrait mieux à la réalité. Il se passe toutes sortes d’événements considérables auxquels on ne prête pas, en général, une suffisante attention. Nous allons en dire rapidement, quelques mots.