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Page:Revue du Pays de Caux n1 janvier 1903.djvu/9

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CE QUI SE PASSE DANS LE MONDE

tume en ont certainement reçu une impression de nature à rehausser encore le prestige dont jouit, à leurs yeux, la puissance Britannique. — Après cela, s’il vous plaît d’ajouter foi à tout ce qui se raconte sur les sympathies russophiles des peuples de l’Hindoustan qu’on vous représente les yeux tournés vers le Nord, dans l’attente du « Tsar blanc », libre à vous ; ce sont là des rêveries qui ne signifient rien. Les Hindous ne connaissent point les Russes et n’en attendent rien du tout ; les Anglais n’ont pas su se faire aimer d’eux mais ils se sont fait estimer et respecter ; ils ont surtout apporté la justice, bien précieux à des infortunes que leurs princes maltraitaient et écrasaient d’impôts ; ils ont de plus protégé les prêtres et les sanctuaires, maintenu les vieilles coutumes… on ne leur en demandait pas plus et cela suffit à rendre leur joug tolérable ; quant aux Hindous de la jeune école, partisans de la liberté et d’un gouvernement national, ils sont une insignifiante poignée ; l’Inde d’ailleurs n’est ni unifiée ni près de l’être et le mot national n’y prendra point de longtemps une signification certaine.

Pauvres Habsbourgs !

Elle n’est pas faite pour jeter un surcroît de lustre sur la maison d’Autriche, cette piteuse aventure de la princesse de Saxe. Cette femme qui plante là ses devoirs de future reine, son mari et ses cinq enfants pour s’enfuir avec un petit précepteur aux moustaches naissantes n’a droit qu’au respect dont on entoure la folie. Et si elle n’est point folle, comme on craint d’avoir à le constater, nulle autre excuse ne saurait atténuer la vilenie de sa conduite. Les potins et les racontars à l’aide desquels on a tenté de lui forger une auréole de martyre n’ont fait voir en elle qu’une de ces natures vulgairement sensuelles, faussement sentimentales, étrangères à la notion des devoirs féminins dont l’Autriche fournit tant d’échantillons. Et pour corser encore l’aventure, l’héroïne a un frère qui l’a conseillée et aidée et dont l’idéal ne parait guère plus relevé. Infortuné François-Joseph, nul déboire n’épargne sa vieillesse ; il assiste de son vivant à la décadence matérielle de son empire et à la déchéance morale de sa race. Depuis que l’archiduc Rodolphe en a donné le triste signal, c’est parmi les Habsbourgs, une série ininterrompue de scandales princiers ou d’abdications