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REVUE DU PAYS DE CAUX

venu avec tant d’énergie et en même temps, de calme et d’à-propos qu’il a tout de suite fait reculer la coalition Anglo-Allemande. Un moment les alliés l’ont embarrassé en affectant de le vouloir choisir comme arbitre de leur différend ; mais M. Roosevelt a eu le dernier mot et les a forcés de s’en venir devant le tribunal d’arbitrage de La Haye.

Le brave tribunal en est tout rajeuni et les partisans de l’arbitrage chantent victoire à pleins poumons. C’est un ravissement bien fictif. Car l’Allemagne s’en va à La Haye comme un chien qu’on fouette et pour sortir honorablement d’une impasse au bout de laquelle il y aurait la guerre avec les États-Unis. Un arbitrage imposé n’est plus un arbitrage. En toute cette querelle — vraie partie de paume où le président Roosevelt s’est montré un joueur de première force — la France a eu l’habile bon sens de rester spectatrice et de ne pas imiter l’Italie et l’Espagne qui, ayant aussi quelques créances à faire valoir contre le Vénézuéla, se mirent à la remorque de l’Allemagne et crurent l’occasion bonne de se faire payer. La France a déja un droit de priorité sur les recettes des douanes Vénézuéliennes en couverture de ses propres créances ; elle s’est bornée à s’assurer que ce droit serait respecté et s’est gardée de donner au mouvement, par son adhésion, un caractère d’union Européenne contre l’Amérique : ce dont on lui a su gré à Caracas et — ce qui vaut mieux encore — à Washington.

Le Durbar de Delhi.

Pour se consoler de ses mécomptes, l’Angleterre a lu avec délices les éblouissants détails que lui ont apportés ses gazettes sur le Durbar impérial qui s’est tenu à Delhi. Là, au milieu d’une enceinte immense et en présence de tous les souverains de la péninsule, l’avènement d’Édouard vii comme empereur des Indes a été proclamé selon la coutume Hindoue. Le vice-roi en exercice, Lord Curzon, qu’accompagnaient le duc et la duchesse de Connaught, a reçu, au nom de l’empereur, les hommages de tous les vassaux de la couronne. Étant donné la pompe légendaire dont s’entourent les rajahs et le luxe de leurs cortèges, on devine le spectacle qu’a présenté la vieille cité en ces jours de liesse. Ces fêtes ne constituent pas une mauvaise politique et les populations Asiatiques — celles de l’Inde surtout — si sensibles aux somptuosités du décor et du cos-