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Page:Revue du Pays de Caux n1 janvier 1903.djvu/12

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REVUE DU PAYS DE CAUX

bus Peaux-Rouges erraient en quête de plaines et de forêts giboyeuses. Aujourd’hui, ils se souviennent, avec quelque reconnaissance, d’une cession qui équivalut à une seconde fondation des États-Unis ; car enfin, supposez au lieu d’un Bonaparte continental un Bonaparte colonial et un État Français très puissant aurait bien pu se former sur les bords du Mississipi et séparer les États-Unis du Mexique et de la Californie. En signant l’acte de vente, le premier consul a ouvert toute la largeur du continent à l’ambition Américaine. Voilà pourquoi l’exposition de St-Louis aura un caractère francophile dont nous devons nous réjouir et profiter.

Le troisième centenaire de l’Escalade.

Puisque nous en sommes aux centenaires, ne laissons point passer celui que les Genevois ont célébré dernièrement. Le 12 décembre 1902, il y a eu trois cents ans de l’assaut nocturne donné à la ville de Genève par les soldats du duc de Savoie ; cet assaut était une traitrise. Depuis la paix de Vervins, les Genevois protégés par Henri iv, vivaient tranquilles et heureux ; leur peu scrupuleux voisin crut l’occasion bonne pour les réduire ; il organisa un petit « raid Jameson » qui ne réussit pas mieux que l’autre. Ses troupes marchèrent à la faveur de la nuit le long de la rivière d’Arve et tentèrent l’escalade des remparts. Réveillés par cette désagréable aventure, les bourgeois de la ville ne perdirent point la tête ; ils coururent aux armes et firent si bien qu’ils mirent les assaillants dehors et les culbutèrent du haut des murs. Dès qu’il fut avisé de ce beau coup, Henri iv qui n’aimait point qu’on se moquât de lui, envoya du renfort à ses « bons amis » les bourgeois de Genève et fit savoir au duc de Savoie qu’il eût à se tenir tranquille. Telle fut l’« escalade » du 16 décembre 1602, et l’on comprend que les Genevois apportent à en célébrer l’anniversaire quelque empressement et quelque fierté.

M. de Blowitz.

Le correspondant du Times qui vient de mourir était arrivé au terme d’une longue et célèbre carrière, écoulée presque toute entière au service du grand journal Londonien et en résidence dans