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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 60.djvu/748

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est une méthode éminemment expérimentale. L’ordre factice des utopistes révolutionnaires, établi au détriment de l’ordre véritable, produit inévitablement le retour à la barbarie.

Voilà donc toutes les équivoques dissipées, démasqués les vieux mots menteurs qui, sous des apparences de libération et de vie, ne cachaient que la dégradation, la servitude et la mort. Nous savons dans quelle direction nous devons œuvrer, pour que notre œuvre soit juste, raisonnable et bienfaisante. Le chemin royal vers la lumière, la beauté, la liberté, le progrès, est rouvert.


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Dès le Disciple, — c’est-à-dire dès l’année 1889, — M. Paul Bourget a donc tracé les cadres de toute une régénération nationale et sociale. Il a tout à la fois analysé le mal dont souffraient notre société et notre pays et il a indiqué le remède. Ce fut une sorte de clinicien moral qui nous a livré les résultats de ses expériences, et qui, sur un certain nombre de patients, représentatifs de tout un état d’âme général, nous a fait suivre le processus d’une intoxication intellectuelle ou sentimentale. Comme le but du médecin est la santé, l’œuvre de M. Paul Bourget se développe non seulement dans le sens de la guérison morale, mais dans le sens de toutes les vertus qui manquèrent à des générations élevées dans le recroquevillement de l’égoïsme bourgeois, l’ignorance de l’ennemi ou de l’étranger, la peur de l’avenir et l’économie de l’effort. La Victoire, de plus en plus, va multiplier les fruits de son enseignement. L’élan de confiance et d’audace, que n’avaient plus les générations de la Défaite, va soulever les générations qui viennent. Dès maintenant, on voit se dessiner les traits juvéniles du héros que postule l’œuvre totale de M. Paul Bourget. Ce sera le type exemplaire que les grandes littératures des âges classiques ont coutume d’offrir à l’admiration comme à l’imitation des hommes.

Oui, on le voit déjà, ce héros de l’avenir, selon le cœur du maître. Ainsi qu’il est juste, ce sera un aristocrate, non pas précisément un aristocrate de naissance au sens étroit du mot, — mais enfin un des meilleurs, un être de choix. M. Paul Bourget a loué maintes fois les vieilles aristocraties héréditaires, et notamment l’aristocratie anglaise. Des amis, parait-il, lui répondaient malicieusement :