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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 60.djvu/627

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différente l’épiscopat et le clergé des trois provinces. Dans l’ancienne Pologne russe, ni les évêques, ni les curés ne sont propriétaires fonciers. En Galicie au contraire, les uns et les autres possèdent de la terre. Ici, tous les biens ecclésiastiques furent confisqués par la Prusse en 1812 ; puis intervint le Concordat de 1821, qui ne rendit point aux évêques leurs anciens domaines, mais attribua à chaque curé la possession d’une certaine étendue de terrain : elle est ordinairement de 70 hectares, et va parfois jusqu’à 130.

« Il nous parait convenable que le traitement des évêques soit payé en argent par l’Etat polonais, comme il l’était par le gouvernement prussien. Pour les curés, nous demandons qu’à l’indemnité en espèces soit ajoutée l’attribution, à un titre quelconque, d’un terrain d’une dizaine d’hectares : c’est ce que, chez nous, on estime nécessaire pour l’entretien de deux chevaux. Nos paroisses sont extrêmement vastes ; souvent, rien qu’a les traverser dans leur longueur, on fait 25 kilomètres ; quelque vigoureux que soit le curé, il ne peut assurer le service du culte et celui des malades, s’il ne dispose pas de deux chevaux et d’une voiture.

« Le recrutement du clergé, devenu assez difficile dans certaines parties de la Pologne, ne me donne pas ici d’inquiétude. Le grand séminaire de Poznan compte actuellement quatre-vingts élèves. Pendant la guerre, j’ai dû les envoyer poursuivre leurs études un peu partout : il y en avait à Munster, aux Universités du grand-duché de Bade et à celles de Bavière ; je n’aurais pu les destiner tous à la même Faculté, sans jeter la suspicion sur la Faculté choisie ; aujourd’hui, ils suivent tous ensemble les cours de l’Université de Poznan.

« Nos séminaristes sont des fils de petits bourgeois et surtout des fils de paysans. Ce recrutement est le meilleur que nous puissions souhaiter : le clergé est ainsi très près du peuple, il garde un esprit très démocratique, et il faut qu’il en soit ainsi. Lors des élections générales, nos syndicats d’ouvriers sont venus me demander la permission de choisir pour candidats deux de mes prêtres : tous les deux ont été élus.

— Votre Eminence, demandai-je, a-t-elle lieu de craindre pour son diocèse quelque résistance des éléments allemands, ou quelque entreprise destinée à maintenir l’influence allemande ?

— Non, répondit nettement Mgr Dalbor. Pour ce qui est