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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 60.djvu/183

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chrétien. Et voilà la morale qu’on enseigne à toute une partie de notre jeunesse, à des enfants qui seront citoyens polonais, soldats dans notre armée, fonctionnaires dans nos administrations publiques. Imbus de cette morale, ils deviennent tout à fait incapables d’en comprendre une autre. Tant que les Juifs auront en Pologne leurs propres écoles, et surtout leurs écoles primaires, aucune assimilation ne sera possible. Dans les classes supérieures de la société, beaucoup de Juifs se considèrent comme Polonais et sont en effet d’excellents citoyens. Mais ils perdent de ce fait toute autorité sur leurs coreligionnaires ; ils deviennent suspects, ils craignent. Les Juifs civilisés ont peur de la masse juive.

« On peut discuter sur le point de savoir si les Juifs constituent un groupe confessionnel ou une race. Mon avis est qu’ils forment, plutôt encore qu’une race, une caste séparée, caste internationale, ordinairement hostile aux nationalités parmi lesquelles elle vit, gardant jalousement ses usages, sa langue, sa croyance et sa loi. La caste juive a sa politique, qui n’est point favorable à l’émancipation des nations chrétiennes. Lisez le livre que Siegmund Meyer a publié en 1917 : les Juifs de Vienne (die Wiener Juden) : vous y lirez, page 483, « que l’indépendance de la Pologne est le plus grand danger qui puisse menacer la Communauté israélite de Vienne » ; page 473, vous y trouverez énumérées les raisons pour lesquelles les Juifs autrichiens ont toujours été les alliés des Allemands contre les Tchèques, etc. Enfin la caste juive a sa « conception particulière du monde » Weltanschauung ; la philosophie des chrétiens est écrite au ciel ; celle des Juifs est écrite sur la terre ; leur royaume est de ce monde : c’est peut-être ce qui fait leur force, et notre malheur. »


LA POLITIQUE DES JUIFS EN POLOGNE : LES PARTIS

Jusqu’au début de ce siècle, il n’y eut pas à proprement parler de « parti politique juif » en Pologne. Les Juifs de l’ « Intelligence » et de la bourgeoisie éclairée se sentaient Polonais ; leur principal organe, l’Israélite (Izraelita), militait en faveur de l’assimilation. La presse polonaise, les savants, les littérateurs travaillaient dans le même sens. Le groupe des « Polonais de confession mosaïque, » comme on les appelait