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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/928

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Réception de M. Henry Bordeaux à l’Académie française


Le 27 mai, M. Henry Bordeaux a fait son remerciement et a pris séance à l’Académie, où il succédait à M. Jules Lemaître. A deux heures, au roulement des tambours, la silhouette notre et verte de M. Henri de Régnier, directeur, est apparue dans le cadre de la petite porte, sous le buste du Duc d’Aumale ; M. Frédéric Masson et le comte d’Haussonville ont pris place au bureau de part et d’autre de M. de Régnier. Le récipiendaire a gagné, dans le milieu des gradins, le petit pupitre d’escamoteur où un verre d’eau l’attend. Le maréchal Joffre et M. Paul Bourget, ses parrains, se sont assis, celui-ci à sa gauche, celui-là à sa droite.

M. Bordeaux porte l’uniforme noir comme il portait l’uniforme bleu. Il a été un excellent officier, familier du terrible champ de bataille de Verdun ; et rien sans doute dans tout le discours de M. de Régnier ne lui aura été plus sensible que d’entendre lire la citation dont il a été l’objet après la bataille de la Malmaison : « A fait l’admiration de tous par son sang-froid et son courage, dont il avait déjà donné des preuves brillantes à Verdun au moment de la prise du fort de Vaux où il avait accompagné les troupes d’attaque. » Ceux qui l’ont vu pendant la guerre reconnaissent cette figure solide, honnête et bien taillée, au teint coloré, et dont le regard, — plus pensif que mobile, — observe et réfléchit.

Il lit d’une voix ferme et porte en avant, d’un mouvement égal, ses phrases en bon ordre. Il tempère son discours en étendant le bras droit, qu’il maintient ainsi en serre-file pendant tout le