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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/842

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retrouvé, les autorités françaises obtiennent des précisions sur l’état actuel de ce matériel. Si le démontage est possible, la réexpédition et le remontage en doivent être effectués. Si cela est impossible, il serait équitable que les usines allemandes, situées dans la région occupée par nos troupes, fussent contraintes, de nous livrer un matériel équivalent à celui qui nous a été enlevé.

La destruction des usines d’Homécourt a été poussée, si possible, plus loin encore. Toutes les plaques de dallage en fonte, les tôles de clôture, le plancher, les garde-corps, les ponts roulants, leurs bascules, les moteurs électriques, les appareils Cowper, les lingotières, les machines, les pompes, les ateliers, ont été brisés ou enlevés ; des halles, des convertisseurs, il ne reste que des carcasses, informes. Le même plan d’anéantissement a été poursuivi dans toute la région : il était conçu et mis à exécution par un état-major, dont le quartier général était à Metz et comportait une centaine d’employés, presque tous militaires, et une douzaine de femmes. D’octobre 1914 au 21 janvier 1917, il s’appela d’un nom délicieusement euphémique : « Administration de protection des mines et. usines françaises (Schutzverwaltung der französischen Bergwerke und Hütenbetriebe), » ou par abréviation la Schutz ; du 21 janvier 1917 au 9 février 1917, Service de la mise en valeur des machines, et des matières premières (Rohstoff und Maschinenverwertungsstelle, par abréviation la Rohma) ; plus tard, Rohstoff und Maschinenverteilungsstelle, Service de la répartition des machines et des matières premières ; et enfin, Beauftragter des Kriegsministerium, représentant du ministre de la Guerre. Sous ces étiquettes différentes, ce furent toujours les mêmes procédés : pillage, enlèvement, destruction.

Une organisation analogue fonctionnait dans le Nord, où les établissements métallurgiques français, tels que : Aciéries du Nord et de l’Est, Denain-Anzin, Arbel, ont subi le même sort. L’emplacement des établissements Arbel, à Douai, n’est plus qu’un désert ; les boulons, restés fixés dans les massifs de béton, attestent seuls que de puissantes machines étaient là, qui, sur une surface de 55 hectares, donnaient du travail à 2 500 ouvriers. Les bâtiments couvraient 5 600 mètres carrés ; l’installation industrielle comprenait 4 fours Martin produisant 92 000 tonnes d’acier, 2 cubilots produisant 10 000 tonnes, 2 laminoirs en