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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/813

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comment finit la guerre.

— pour construire une organisation solide. Presque tous les officiers et beaucoup de soldats avaient fait campagne aux Philippines, à Cuba, au Mexique. Chaque régiment était astreint à un véritable tour colonial et passait un certain temps outremer. Les cadres et les troupes, — tous volontaires, — avaient par conséquent accepté de passer une partie de leur existence aux colonies et y avaient vécu de la vie de campagne, dans les conditions les plus diverses. C’était, comme l’armée britannique, une véritable armée coloniale, entraînée aux changements d’existence, d’armement, de climat, de terrain, de tactique, et préparée par conséquent aux formes sans cesse mouvantes de la guerre moderne. Mais, par suite des préoccupations uniquement pacifiques de la grande République, l’armée n’y tenait pas la place due à ses services et à ses mérites, et l’organisation centrale, — ministère de la Guerre et État-major général, — n’existait qu’à l’état embryonnaire.

La conscription fut établie par la loi du 18 mai, autorisant le Président à l’utiliser pour compléter l’armée régulière, pour lever un premier contingent de 500 000 hommes le 1er septembre, destiné à former une armée nouvelle, l’armée nationale, et un second contingent ultérieurement, enfin pour la constitution et l’entretien des unités dont la guerre exigerait la création. Cet appel portait sur 8 400 000 hommes, que les difficultés d’installation, d’encadrement et d’équipement forçaient d’échelonner.

Le premier contingent fut fixé à 687 000 hommes ; on comptait lever 1 500 000 hommes pour assurer les besoins de l’armée jusqu’au printemps 1918, et créer 42 divisions : 8 pour l’armée régulière, 16 ou 17 pour l’année nationale, 16 ou 17 pour la garde nationale. Chacune de ces divisions comprenait deux brigades d’infanterie (6 bataillons à 1 000 hommes), — une brigade d’artillerie de trois régiments (dont un d’obusiers de 155), — 1 régiment du génie, 1 bataillon du Signal corps, 14 compagnies de mitrailleuses, — soit au total 27 000 hommes : c’était un petit corps d’armée, presque le double de nos divisions actuelles.

Le corps d’armée américain devait être formé de 4 de ces divisions et l’armée de 5 corps d’armée, avec l’artillerie lourde d’armée et les corps et services généraux.

Cette organisation répondait aux demandes du général Pershing, qui, nommé le 14 mai au commandement de l’armée