Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/801

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
799
comment finit la guerre.

naître leurs besoins et leurs désirs, en consultant leurs représentants naturels ou élus, en développant les assemblées indigènes locales, et plus tard en instituant des Parlements par colonies. C’est dans cette voie qu’il faut marcher sans hésitation. L’instruction publique est encore bien peu développée, de même que l’assistance médicale. Il nous faut des Écoles normales indigènes, qui forment des instituteurs, des médecins et des sages-femmes de leur race.

Nos officiers coloniaux ne perdront pas de vue que les anciens tirailleurs libérés formeront avec leurs gradés les cadres de la société nouvelle ; nos administrateurs et nos colons doivent sentir qu’un événement s’est produit, considérable. L’aurore d’un monde nouveau se lève aux Tropiques ; elle montre la plus grande France, toujours guidée par une juste modération et une large humanité, mettant au service de la civilisation le poids de 100 millions d’hommes.


L’Allemagne, au cours de la guerre, mobilisa 31 classes de recrutement, tous les hommes valides nés entre le 1er juin 1870 et le 1er janvier 1901, soit 14 millions d’hommes : tel est le réservoir de « matériel humain » où elle a puisé avec une énergie sans cesse croissante et qu’elle est arrivée à vider.

Elle bénéficiait, au début, de sa grande richesse en hommes et de sa puissante organisation. Comme les compagnies d’infanterie comptaient sur le pied de paix 160 hommes, — 180 dans les corps de couverture, — 70 à 90 réservistes leur suffisaient pour passer du pied de paix au pied de guerre ; deux classes de réserve permettaient à ses 25 corps d’armée de se mobiliser.

En outre, a la suite d’une nouvelle organisation datant de 1914, chaque régiment actif formait un régiment de réserve à 3 bataillons (sauf pour les corps de couverture et certains régiments de formation récente), et deux compagnies d’Ersatz qui furent ensuite groupés pour former des brigades mixtes, puis des divisions. Ces formations, solidement encadrées par des officiers et des sous-officiers de l’active et comprenant un certain nombre de régiments du temps de paix qui comptaient en surnombre dans les corps d’armée, fournirent 14 corps d’armée de réserve et 4 divisions de réserve et 6 divisions d’Ersatz, dont l’existence, soigneusement tenue secrète, permit à l’armée alle-