Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/799

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
797
comment finit la guerre.

des populations égales, la charge militaire sera sensiblement la même. Mais à un groupement colonial qui doit entretenir un effectif permanent de 30 000 hommes par exemple, il est préférable de demander chaque année 10 000 hommes pour trois ans que 30 000 hommes pour un an, parce qu’on tient compte de l’état social et des habitudes qui réunissent les indigènes par race, tribu, canton ou village ; on tient compte en même temps des longues distances à parcourir, de l’acclimatement nécessaire et des lenteurs de l’instruction. Le recrutement s’établira progressivement, respectant, non seulement le sentiment de collectivité, mais l’organisation sociale et les mœurs de chaque peuple. Ses procédés seront donc différents selon les colonies ; le seul principe commun à toutes, dont l’application peut être complètement réalisée en trois ou quatre ans, peut s’exprimer ainsi : « À population égale, charge égale, représentée par le même nombre d’hommes sous les armes. » Des études consciencieusement conduites depuis de longues années et dont l’expérience des derniers recrutements a confirmé les résultats, permettent d’affirmer qu’il est facile d’arriver à un total d’au moins 300 000 hommes pour nos contingents coloniaux permanents.

L’emploi de ces contingents coloniaux est tout indiqué. Déjà 36 bataillons algériens, 6 bataillons sénégalais, 3 bataillons malgaches font partie de l’armée du Rhin, avec quelques milliers d’Annamites employés dans les convois automobiles et dans divers services. On ne peut donc plus parler d’expérience et on peut décider que nos six divisions comprendront chacune 1 régiment algérien et 1 régiment tropical, soit 6 régiments algériens, 2 sénégalais, 2 annamites, 2 malgaches, avec un large emploi des coloniaux dans l’artillerie et les divers services. Nos corps frontière peuvent être organisés de même manière et notre couverture sera ainsi assurée. Des corps dans le Midi de la France recevront les régiments destinés à compléter nos unités de première ligne. Dans l’Afrique du Nord et l’Afrique occidentale pourront stationner les divisions expéditionnaires que l’état actuel de l’Europe nous oblige à prévoir, et des troupes de complément qui donneront à l’organisation de l’armée nouvelle beaucoup d’élasticité.

Aux forces stationnées dans les eaux métropolitaines correspondraient forcément des effectifs stationnés aux colonies pour leur servir de réservoir.