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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/776

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comment finit la guerre



V.

LES CAUSES DE LA VICTOIRE


Si un spectateur impartial peut planer au-dessus de la terrible mêlée qui vient d’ensanglanter le monde pendant plus de quatre années, une première constatation s’impose à son esprit, qui doit le rassurer sur l’avenir de l’humanité : la Justice et le Droit ont combattu pour l’Entente ; ils ont triomphé avec elle.

La petite Serbie est menacée dans son indépendance et dans son existence même par un puissant voisin, dont la population est le décuple de la sienne, avant-garde du germanisme débordant sur l’Orient. Son attitude de soumission presque complète ne peut arrêter l’adversaire décidé à l’écraser, et qui prend les armes. Vainement la Russie, qui a engagé la lutte en 1878 pour secourir ses frères de race, se déclare prête à renouveler le même effort, tout en multipliant les tentatives pour éviter le conflit ; vainement l’Angleterre propose-t-elle, après la Russie, de recourir a un arbitrage : l’Autriche-Hongrie passe outre, et attaque la Serbie. Cet acte de violence ne suffit pas à déchaîner la guerre en Europe centrale ; il faut que l’Allemagne se démasque, s’arme à son tour, et intervienne directement en sommant la Russie de renoncer aux précautions militaires que la situation lui a commandé de prendre sur sa frontière méridionale, et c’est elle qui déclare la guerre à la Russie.

Liée à la Russie depuis vingt ans par un traité d’alliance