Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/720

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


peut qu’applaudir; mais lorsque sir Donald Mac Lean, — qu’il me sera bien permis de remercier, au passage, de l’appréciation si chaleureusement sympathique qu’il a exprimée sur mon compte, — interroge, à la Chambre des Communes, M. Bonar Law, celui-ci lui fait une réponse qui glace immédiatement notre enthousiasme : « Si, dit-il, la question des dettes interalliées a été mentionnée dans les communiqués de la conférence de Hythe, cela ne veut pas dire que des dispositions aient été prises à ce sujet. » Nous voilà avertis. Rien n’est décidé sur les dettes interalliées. Ne croyons cependant pas que le passage que nous venons de lire dans la déclaration soit dénué de toute portée pratique. Il a une suite, et la voici : « En conséquence, les experts des deux pays seront chargés de proposer immédiatement à l’examen de leur gouvernement le montant minimum de la dette de l’Allemagne qui soit, à la fois, acceptable par les Alliés et compatible avec la capacité de paiement de celle-ci, de déterminer les modalités de paiement et de mobilisation de cette dette les plus opportunes pour réaliser les vues générales exposées ci-dessus. » Magnifique programme, mais un peu vaste peut-être pour être immédiatement réalisé. Eh quoi! il y a, en Angleterre et en France, des experts assez sûrs d’eux-mêmes pour proposer, tout de suite, du jour au lendemain, ou, en tout cas, avant la conférence de Spa, un montant minimum de la dette allemande et, dans leur calcul, ils devront, non seulement supputer ce qui peut être acceptable par les Alliés, mais ce qui sera compatible avec la capacité de paiement de l’Allemagne ! Réservons à ces hommes de génie la plus rare des couronnes civiques.

Mais j’y songe ; que devient, en tout ceci, la Commission des Réparations? Un des journaux anglais les plus fidèles à l’entente cordiale, le Times, s’est, le premier, posé la question et il a remarqué que M. Bonar Law s’était bien gardé d’y répondre, Le Times n’a que trop raison : la Commission des Réparations est simplement dessaisie. Qu’on ne dise pas : «C’est à elle que les deux gouvernements ont eu l’intention de confier ce travail surhumain. » Non, non : il est possible, et je le souhaite, qu’on puisse revenir à cette conception; mais, à Hythe, c’est de tout autre chose qu’on est convenu. On a entendu charger de cette besogne gigantesque, non pas la Commission interalliée dans les attributions de laquelle elle devait obligatoirement rentrer, mais des experts choisis ad hoc par les deux gouvernements britannique et français. Il est difficile de faire meilleur marché du traité. Mais ce n’est là encore qu’une question