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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/714

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coups de pouce à la bille posée sur le plan incliné et qu’on ne peut s’étonner qu’elle se soit mise à rouler. Mais on a toujours eu, nous dit-on, la ferme intention de l’arrêter dans sa descente et, en ce qui concerne notamment les réparations, on est plus déterminé que jamais à faire des stipulations du traité une réalité prochaine. Rien de mieux. Voyons donc comment on s’y prend pour obtenir ce résultat si souhaitable.

Sur le chapitre des réparations, le traité était lumineux. Il commençait par rappeler, en termes solennels, que l’Allemagne était responsable, pour les avoir causés, de toutes les pertes et de tous les dommages subis soit par les gouvernements alliés, soit par leurs nationaux, et il contraignait l’Allemagne à reconnaître expressément cette responsabilité (article 231). Néanmoins, aussitôt après cette déclaration générale, le traité faisait aux principes du Président Wilson une importante concession, en ne mettant pas les frais de la guerre à la charge du peuple vaincu. Non seulement il n’imposait à l’Allemagne aucune indemnité pénale, mais il laissait peser sur les nations victorieuses tout le poids des frais de guerre proprement dits, dépenses militaires, ravitaillement, canons, fusils, tanks, avions, munitions. Il était déclaré que les ressources de l’Allemagne n’étaient pas suffisantes pour assurer complète réparation de tous ces frais (article 232), et alors qu’en 1871 l’Allemagne, après nous avoir arraché l’Alsace et la Lorraine, était, en outre, rentrée dans tous les déboursés qu’elle avait dû faire pendant la campagne, nous étions, au contraire, forcés de rester à découvert pour les milliards que nous avions dépensés, pendant quatre ans, en France et à l’étranger, dans l’entretien de nos armées et dans la défense de notre territoire. Ce sacrifice, nous l’avons fait, en connaissance de cause, par loyauté vis-à-vis du Président Wilson et de l’Amérique; mais, avec le consentement de nos alliés et de nos associés, nous avons pris soin de le limiter. Comme contrepartie de cet abandon, nous avons, en effet, stipulé (article 232) que seraient réparés tous les dommages définis à l’annexe I du traité et notamment tous ceux qui auraient été causés à la population civile ou à ses biens. Et dans une formule particulièrement impérative, le texte porte : « Les gouvernements alliés et associés exigent que tous ces dommages soient réparés. » Et il est ajouté : « L’Allemagne en prend l’engagement. »

L’annexe I tout entière est consacrée à l’énumération détaillée de ces dommages : dommages causés aux civils atteints dans leur