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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/604

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mais qui a, par la collaboration des autres continents, étendu au globe tout entier les dispositions impératives de ses articles. En jetant les bases de la Société des Nations, elle a voulu préparer, pour l’avenir, une force morale et matérielle qui pût prévenir le retour de cataclysmes comme celui d’où nous sortons. Ce traité de Versailles a été essentiellement l’œuvre des quatre Puissances qui avaient porté le poids principal de la guerre : les États-Unis d’Amérique, l’Angleterre, l’Italie, la France. Il est de notoriété publique que les grands chefs qui avaient présidé aux destinées de leurs nations, pendant la phase décisive de la lutte, n’envisageaient pas toujours de la même façon la solution à donner. L’œuvre sortie de leur collaboration constitue donc fin compromis entre des opinions diverses, et donne, par cela même, des garanties de modération sur lesquelles nous ne saurions trop insister. Nous allons en examiner la partie économique.


II. — CLAUSES FONDAMENTALES

Les clauses économiques essentielles forment la partie VIII du traité, intitulée : Réparations. En tête figure l’article 231 qui pose le principe fondamental sur lequel reposent les conventions : « Les gouvernements alliés et associés déclarent et l’Allemagne reconnaît que l’Allemagne et ses alliés sont responsables, pour les avoir causés, de toutes les pertes et de tous les dommages subis par les gouvernements alliés et associés et leurs nationaux en conséquence de la guerre qui leur a été imposée par l’agression de l’Allemagne et de ses alliés. »

L’article suivant (232) atténue, dans une large mesure, la rigueur de ce qui se déduisait logiquement du texte précédent : « Les gouvernements alliés et associés reconnaissent, dit cet article, que les ressources de l’Allemagne ne sont pas suffisantes, en tenant compte de la diminution permanente de ses ressources qui résulte des autres dispositions du présent traité, pour assurer complète réparation de toutes ces pertes et de tous ces dommages. »

Cette phrase va s’éclairer par la suite. Elle signifie que les vainqueurs ont renoncé à se faire couvrir de leurs énormes frais de guerre, contrairement à ce qui était d’usage antérieurement et à ce que l’Allemagne avait exigé de la France en 1871.