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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/511

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comment finit la guerre.

Buzancy, le 28 juillet. La 34e division anglaise, composée en partie par des régiments revenant de Palestine, nouveaux dans la bataille de France, dépassa toutes les espérances en participant à l’attaque du Grand Rozoy à partir du 29. C’est seulement le 1er août que cette crête, qui domine toute la région entre l’Ourcq et la Vesle, fut enlevée par la 10e armée. L’importance de ce succès échappait aux vues de l’arrière, et dans la nuit du 1er au 2 août le commandant du groupe d’armées, soucieux de ménager les troupes, écrivait : « La 10e armée continuera à agir par sa droite en direction d’Arcy Sainte-Restitue ; sur le reste du front, elle gardera une attitude défensive. Les forces qu’elle a devant elle étant sensiblement égales aux siennes, elle n’a de chances de progresser que par des coups de force successifs, localisés et minutieusement préparés, toujours en proportionnant ses efforts aux moyens réduits dont elle dispose. Ces moyens sont d’autant plus réduits qu’elle doit prévoir le retrait à bref délai des divisions anglaises. » Mais la pression continue sur l’ennemi amenait un tout autre résultat, et le général commandant l’armée venait d’envoyer le télégramme suivant à communiquer immédiatement aux troupes sur tout son front :

« En avant ! la victoire du 1er août achève celle du 18 juillet et se termine en poursuite. Les chemins sont affreux, mais il pleut aussi pour les Boches. Talonnez-les, bousculez-les, en dépassant les faibles centres de résistance où ils essaient de ralentir votre marche victorieuse. Ce soir, il faut que la 10e armée soit sur la Vesle. »

À 19 heures, les chasseurs de la division Villemot entraient dans Soissons. L’Aisne jusqu’à son confluent avec la Vesle et tout le cours de cette rivière étaient bordés dans la journée du 3 par la 10e armée, le 4 par la 6e. Entrant progressivement en ligne au cours de la bataille, le 1er corps américain du général Liggett avait pris une part de plus en plus grande aux opérations de la 6e armée, qui avait compris jusqu’à 6 divisions américaines. La 5e armée Berthelot avait attaqué dans les conditions les plus pénibles, ayant à rétablir son front après les dures journées où elle avait dû reculer un peu, tout en gardant la montagne de Reims ; bien qu’elle eût devant elle un terrain très difficile, elle arrivait au rendez-vous sur la Vesle.

Le général Mangin pouvait dire à ses troupes : « Vous avez capturé 20 000 prisonniers, dont 527 officiers, 518 canons,