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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/510

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son avance avait aidé la droite de la 10e armée, ralentie dans des bois épais. Elle attaquait sans renfort, avec ses divisions de secteur, et fut renforcée progressivement par des divisions américaines qui mettaient dans les rangs une force nouvelle et y provoquaient la plus généreuse émulation. Dès cette première journée, 10 000 prisonniers et 200 canons étaient capturés par la 10e armée, 2 000 prisonniers et 50 canons par la 6e.

Cependant le général Pétain se rend avec le général Fayolle au poste d’observation d’où le général Mangin suit le développement de la bataille. Le général Pétain estime que le résultat obtenu dépasse toutes les espérances, mais que l’exploitation en est limitée par les moyens dont il dispose et par la situation générale ; il rappelle que l’ennemi est sur la rive sud de la Marne. Aucun renfort ne pourra être donné à la 10e armée, qui doit dès maintenant se disposer en profondeur pour durer avec ses ressources sur le terrain conquis. Mais le général Foch, prévenu, donna l’ordre de continuer l’offensive, et, le lendemain, l’arrivée de quatre divisions nouvelles fut annoncée à la 10e armée, dont deux divisions anglaises prises sur les réserves du commandant en chef des armées alliées.

Le général Fayolle exposa le même point de vue au commandant de la 6e armée, mais l’attaque continua également sur cette partie du front.

La lutte se poursuivit très dure. La VIIe armée allemande avait fait entrer en ligne ses trois divisions de réserve, promptement renforcées par deux autres. Elle s’était ressaisie. La lutte devenait de plus en plus dure. Ayant dû renoncer à son offensive des Flandres, Ludendorff dirigeait vers l’Aisne les divisions données au kronprinz de Bavière. La 10e armée française luttait en rase campagne contre des forces au moins égales aux siennes, parfois supérieures. Les divisions américaines avaient été relevées ; quelques équipes de canonniers avaient demandé et obtenu de prolonger leur séjour au milieu des troupes françaises : elles servaient des canons lourds pris à l’ennemi et se faisaient scrupule de partir avant de lui avoir renvoyé à tout le moins l’approvisionnement en obus asphyxiants, qui était considérable.

Les divisions britanniques débutaient dans la bataille au moment le plus pénible. La 15e division écossaise, général Reed, se couvrit de gloire à l’attaque du château et du parc de