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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/478

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de bons marks or, à titre de reconnaissance et de garantie de sa dette, lorsque la Commission des réparations sera convaincue que l’Allemagne peut assurer le service des intérêts et de l’amortissement de ces effets. La Conférence parlementaire internationale du commerce et M. Millerand se sont parfaitement rendu compte que ces bons, dont certains publicistes parlent un peu légèrement aujourd’hui comme d’une valeur réelle, allouée par le traité aux Puissances victorieuses, seraient, aussi bien que le traité lui-même, du papier noirci et ne nous procureraient aucun avantage positif, si nous étions forcés de les garder dans nos coffres, à côté des parchemins de Versailles. Pour que des traites aient une utilité, il faut qu’elles puissent être négociées, et cette question primordiale, sans le règlement de laquelle l’émission resterait un leurre, est malheureusement demeurée en souffrance, non pas depuis hier, mais depuis l’armistice. Sur les suggestions de plusieurs de ses membres, et notamment de l’éminent ministre d’État belge, M. le baron Descamps, la Conférence internationale du commerce, après avoir émis le vœu qu’il ne fût porté aucune atteinte aux réparations stipulées par le traité de paix, a examiné comment les titres représentatifs de la dette allemande pourraient être mobilisés. Elle a remarqué que les mobiliser sous la forme de monnaie internationale, ce serait aggraver encore l’inflation générale et par-là même alourdir la charge des réparations, Elle a écarté, pour les mêmes motifs, la mobilisation par l’entremise de banques d’émission, auxquelles les bons seraient, directement ou indirectement, apportés en gage. Elle a rappelé avec raison qu’il est contraire à une saine politique monétaire d’émettre des billets de banque sur des garanties qui constituent une immobilisation ; et elle a conclu de toutes ces observations, que c’était sur le marché des valeurs que devait inévitablement avoir lieu la mobilisation. Elle a donc demandé que les nations signataires du traité voulussent bien, autant que possible, faciliter les avances sur ces bons et en favoriser le placement et la négociation sur leurs marchés respectifs. Elle a adressé le même appel aux nations non signataires qui ont adhéré ou adhéreront à la Société des nations. Que la prochaine conférence financière de Bruxelles et que la réunion de Spa s’inspirent des mêmes idées et un premier défilé sera franchi.

Par malheur, la campagne allemande n’est pas en voie de ralentissement et qu’ils viennent à Spa plus tôt ou plus tard, les représentants du Reich ne s’y rendront certainement qu’avec la pensée de nous arracher des concessions : concessions sur l’indemnité, concessions