Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/279

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
277
comment finit la guerre.

de cette imposante attaque, l’ennemi essaya vainement d’y résister par des contre-attaques qui se prolongèrent jusqu’au 9 septembre. Il ne réussit qu’à augmenter le chiffre de ses pertes.

Sur le front de l’Aisne, la position de Laffaux continuait à former un angle au Sud de l’Ailette et la sûreté du Chemin des Dames eu dépendait. Cette situation anormale était le résultat des indécisions qui avaient suivi l’offensive du 16 avril et avaient coûté très cher aux Français jusqu’au mois de juillet, où la bataille s’était assoupie.

Le général Pétain vit qu’un succès local pouvait avoir sur ce point une importance assez grande, et il y fit préparer par la 6e armée Maistre une opération analogue à celle du 20 août à Verdun. Après une préparation d’artillerie dont l’intensité n’avait jamais été égalée, le général Maistre enleva la ligne Hindenburg au Nord et à l’Est du saillant de Laffaux sur 12 kilomètres. L’offensive se développa jusqu’au 27 et mena la 6e armée jusqu’à l’Ailette au Nord, et à l’Est jusqu’au canal de l’Aisne. L’ennemi avait été prévenu de cette attaque ; il avait renforcé son front de deux divisions et s’était préparé à une résistance acharnée. Il n’en laissa pas moins aux mains du général Maistre 11 000 prisonniers et 200 canons et le fort de la Malmaison qui donna son nom à la victoire. Le 2 novembre, il se replia au Nord de l’Ailette après avoir évacué le Chemin des Dames.

« Nos pertes avaient été fort douloureuses, » dit Ludendorff, « quelques divisions avaient été taillées en pièces… En soi, il était indifférent d’être au Nord ou au Sud de l’Ailette ; mais après nos combats de tout l’été pour le Chemin des Dames, j’eus beaucoup de peine à donner l’ordre de l’abandonner. Mais nous aurions eu des pertes continuelles à vouloir nous y maintenir. »

Les actions du 20 août et du 23 octobre avaient été menées avec des moyens formidables qui excluaient la possibilité de les entreprendre sur un front suffisamment étendu pour que le succès put avoir une réelle importance. Mais en dehors des résultats locaux qui avaient été obtenus et de l’usure appréciable qu’elles infligeaient à l’ennemi, elles avaient pour avantage de relever le moral à l’intérieur, et de donner aux armées françaises confiance dans leur nouveau chef.