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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/277

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comment finit la guerre.

ment, à demi éclairé, lui accorda beaucoup plus qu’au général Nivelle et, au cours de la seconde quinzaine de juin, l’armée française était revenue à son état normal.

Une nouvelle offensive bien préparée eût aidé à la reconstitution de son état moral. Mais aux premiers jours de juin, elle s’était trouvée hors d’état de tenir l’engagement pris par le gouvernement français d’attaquer sans répit et tous ensemble. Le 7 juillet, le ministre de la Guerre avait annoncé à la Chambre des Députés qu’elle avait renoncé pour longtemps à toute action importante, funeste déclaration dont l’ennemi fit son profit. Elle s’était contentée de tenir contre les attaques allemandes sur le Chemin des Dames, où elle avait été malheureusement arrêtée dans une position précaire, et devant Verdun.

Les 7 et 8 juin, les armées britanniques avaient réduit au Nord de Lens l’important saillant de Messines-Wytschaete ; elles avaient fait 7 500 prisonniers et conquis une importante base de départ pour la bataille des Flandres, qui s’engagea le 31 juillet après une longue et minutieuse préparation.

L’attaque se prononçait du Sud de Dixmude au Sud d’Ypres, sur un front de 25 kilomètres ; une armée française commandée par le général Anthoine en formait la gauche, sous les ordres du maréchal sir Douglas Haig ; dès son débouché, les Alliés s’avancèrent de 2 à 4 kilomètres, infligeant à l’ennemi des pertes très sensibles. Mais une pluie vint contrarier les opérations ; en particulier, les déplacements d’artillerie nécessités par la progression étaient très difficiles dans un terrain où l’eau était à fleur de sol et où la moindre pluie formait une inondation. L’offensive reprit le 16, avec un nouveau succès, pendant qu’au Sud de Lens une action locale achevait l’investissement de la ville. Il y eut une accalmie dans les Flandres à partir du 25. Le 20 septembre, le troisième acte de la bataille s’ouvrit par un gain de terrain de 1 500 mètres sur un front de 12 kilomètres. Le 26 septembre, un quatrième combat se termina par un nouveau succès. Le 2 octobre, la lutte reprit avec une intensité encore plus grande ; les 26 et 30 octobre, puis les 6 et 10 novembre se font remarquer par des combats particulièrement rudes. À la fin de la bataille, la ligne anglaise dépassait Langemark, Saint-Julien, et atteignait les lisières de la forêt d’Houthulst et Passchendaele. Le maréchal sir Douglas