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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/162

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firent les enquêtes sur certaines répressions sanglantes qui eurent lieu, en particulier à Langensalza. Ils assistèrent aux débats judiciaires qui eurent lieu pour la répression des coupables, apparence de débats d’où la justice était absente. Ils osèrent prendre la parole dans le prétoire pour faire remarquer que le représentant du Ministre de la guerre avait simplement oublié de verser au dossier leur rapport écrasant pour les coupables. L’exemple de leur noble roi, auquel tant de familles françaises n’ont pas fait appel en vain pour les renseigner sur leurs parents, leur servait de modèle.


LES PRISONNIERS ALLIES

Le rapatriement des prisonniers des autres puissances alliées s’était poursuivi concurremment avec le nôtre. Peu après moi étaient arrivés successivement à Berlin le général anglais Ewart, le général italien Bassi et le général américain Harries. Nous nous constituâmes en commission dont ils m’élurent président, et notre action s’exerça d’accord. Ah ! les bons camarades ! Nous n’eûmes pas un nuage dans nos rapports.

Dès le début, les Belges furent traités par moi comme les Français ; tout ce qui a été dit pour ceux-ci concerne également ceux-là.

Les Italiens devaient partir par le Sud. Mais le rendement était faible, le Brenner fonctionnait mal ; les exigences des Suisses sur la fixité impossible à réaliser des horaires, sur la fermeture des gares pendant la nuit, sur le chômage des jours fériés, compliquaient singulièrement la question et ne permirent jamais d’obtenir les résultats escomptés de ce côté. Aussi je des entreprendre l’organisation de l’exode des Italiens tant sur les camps du Rhin que par mer. Non seulement le dernier Italien partit avec le dernier Français, mais les évacuations se poursuivirent parallèlement, tant pour les malades que pour les valides. Le général italien m’en exprima personnellement toute sa satisfaction.

Le général Ewart avait la mer et des bateaux a profusion. Il disposait d’une organisation extrêmement riche que la Croix-Rouge anglaise avait installée à Berlin, dès l’armistice, et qui se mit généreusement à ma disposition dès mon arrivée. C’est grâce à elle que je pus entrer en fonctions dès le premier jour