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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/10

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11 officiers pour 94 hommes, soit 1 officier pour moins de 9 hommes.

Voilà pour la constitution intérieure des unités armées à la moderne ; l’augmentation des cadres est au minimum d’un quart ; mais la machinerie actuelle n’a pas seulement des exigences nouvelles, elle a aussi des effets nouveaux qui vont se produire dans le domaine de l’emploi des unités, de la tactique ; ils s’y manifestent sous la forme d’une puissance de feu telle que ces unités doivent s’étaler sur le terrain en élargissant les fronts dans des proportions qui dépassent les prévisions. On est donc obligé d’augmenter le nombre des organes chargés de relier les unités élémentaires ainsi étalées, de coordonner leurs mouvements, de les faire vivre, en un mot de les diriger ; cela revient à augmenter le nombre des grandes formations de tout ordre, des régiments comme des divisions et des armées.

Quelques chiffres encore. Nous sommes partis en campagne avec 6 armées comprenant 21 corps d’armée, 83 divisions d’infanterie et 10 divisions de cavalerie : disons plutôt 24 corps d’armée en assimilant à un corps d’armée le groupe de divisions de réserve. Or, en 1918, nous avions 4 groupes d’armées, 10 armées, 36 corps d’armées, en y comprenant les corps de cavalerie : 110 divisions d’infanterie et 8 divisions de cavalerie. C’est une augmentation de 4 groupes d’armées, de 4 armées, de 12 corps d’armée et de 21 divisions d’infanterie pour une diminution de seulement 2 divisions de cavalerie ; les États-Majors ainsi obligatoirement constitués sont des formations importantes qui exigent des officiers instruits et expérimentés et où la proportion d’officiers est naturellement considérable.

En même temps d’ailleurs que les grandes unités et parallèlement, les corps de troupes subissaient une augmentation numérique notable.

Ainsi l’infanterie s’est accrue de 140 bataillons, soit en chiffres ronds 2 000 officiers. L’artillerie a reçu un développement inouï. Nous sommes partis en campagne avec 1 468 batteries ; en 1917, nous en avions 2 562. Calculez l’augmentation : elle est exactement des trois quarts. En ajoutant les augmentations parallèles des Etats-Majors de régiment et de groupes, des organes nouveaux, on comprendra que nous ayons doublé le nombre de nos officiers d’artillerie.