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Page:Revue des Deux Mondes - 1919 - tome 49.djvu/463

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REVUE SCIENTIFIQUE




LE CONGRÈS DE LA PAIX ET LE CALENDRIER




Au moment où paraissent ces lignes, les travaux préliminaires de la Conférence de la Paix ont dû commencer déjà. De ces travaux différentes choses doivent sortir qui serviront de bases à l’avenir de l’humanité et à la rénovation de la patrie française. D’abord, — et là-dessus tout le monde est d’accord chez nous, — l’entérinement de ce que nous a donné la victoire et la consolidation, sur une base d’airain, de la liberté reconquise des peuples opprimés. Ensuite, — et ici des désaccords apparaissent déjà, même parmi les hommes de bonne volonté, — la Conférence songera à organiser cette Société des Nations qui doit substituer au respect du gendarme celui de la vertu. C’est une grande entreprise, et sur laquelle je n’ai nulle qualité pour me prononcer, à ne la considérer que sous cet aspect.

Que si pourtant il est permis d’aborder le problème par des accès plus modestes, plus terre à terre, il me semble, — et j’espère le montrer aujourd’hui, — que la science aura son mot à dire là dedans.

Pour mieux expliquer ma pensée, je demande la permission d’emprunter un raisonnement à un spécialiste bien connu et très positif, des questions internationales, au commandant Gaston Moch dont j’analysais dernièrement ici même, dans un tout autre ordre d’idées, les beaux travaux sur les canons en fil d’acier :

Un jour que, pendant la guerre, on était à la recherche de recettes nouvelles pour le Trésor, on s’avisa de relever les tarifs postaux ou télégraphiques. Or donc, aussitôt que les nouveaux tarifs furent publiés, on s’aperçut avec étonnement que, dorénavant, l’envoi d’une carte postale en France, par exemple de Montmartre aux Batignolles, coûterait 15 centimes, alors qu’il suffisait toujours de 10 centimes pour expédier la même carte, au bout du monde, par exemple en