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Page:Revue des Deux Mondes - 1919 - tome 49.djvu/235

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




L’armistice conclu le 11 novembre devait expirer ces jours-ci. Il a été prolongé d’un mois. Le maréchal Foch a retrouvé devant lui, à Trêves, les mêmes hommes, les mêmes arguments, les mêmes protestations, les mêmes jérémiades, qu’il avait déjà rencontrés et entendus « dans la forêt de Compiègne, » comme dit M. Erzberger. Ce n’est pas ce qui l’intéressait, et ce n’est pas ce qui nous intéresse. Il est beaucoup plus important pour nous de connaître la manière dont l’armistice a été jusqu’à présent exécuté. Autant que des informations, peut-être un peu trop rares, permettent d’en juger, il y a eu, selon les cas ou les articles, des nuances assez sensibles. Tout a très bien marché pour l’évacuation et l’occupation des territoires. A peu près bien pour la remise des navires ou des sous-marins ; il a manqué, sous prétexte de réparations ou de retards, quelques unités ; mais l’amiral Wemyss s’est montré inflexible : elles vont être livrées à bref délai ou remplacées par des unités équivalentes. De même pour la livraison de l’artillerie, des appareils d’aviation, et en général du matériel de guerre : tout se serait à peu près bien passé.

C’est surtout pour le matériel de transport que les Allemands se sont fait et se font encore tirer l’oreille, s’il est permis de dire qu’on la leur ait tirée. Il a été convenu que « la remise des voies ferrées et du matériel roulant se fera sur la base des propositions allemandes et de telle manière que les 5 000 locomotives, les 150 000 wagons et les 5 000 fourgons automobiles attendus aient été livrés le 18 janvier 1919. » Le texte même n’ajoute qu’une condition à l’accord du 11 novembre : « Le haut commandement des Alliés se réserve le droit, à partir de maintenant, s’il le juge bon, pour s’assurer de nouvelles garanties, d’occuper la zone neutre sur