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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/939

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REVUE SCIENTIFIQUE




LA LUTTE SOCIALE CONTRE LA TUBERCULOSE




Comme je l’ai montré dans ma dernière chronique, si le taux de mortalité par tuberculose d’avant-guerre reste constant dans notre pays, quatre millions de Français actuellement vivants sont condamnés à mourir de cette maladie, et, à un moment quelconque de l’existence future de notre pays, quatre millions de Français alors vivants seront condamnés à mourir de même.

De tous les dangers qui menacent l’avenir de la nation française, le plus angoissant, le plus redoutable est donc la tuberculose.

Il y a maintes autres manières de mettre en évidence ses ravages. Si nous prenons par exemple les statistiques municipales de la Ville de Paris, nous voyons que la moyenne de la mortalité hebdomadaire en cette saison y est de 682, dont 173 par tuberculose sous ses diverses formes. Ainsi plus du quart des décès à Paris en cette saison sont en moyenne causés par la tuberculose.

J’entends bien que, dans le reste de la France, la proportion est moindre, puisque, en moyenne, un Français sur huit meurt de tuberculose. Ces chiffres n’en sont pas moins effrayants, puisqu’il s’agit d’une maladie presque toujours évitable et généralement guérissable.

Les Américains, en entreprenant généreusement, et par leurs méthodes ingénieuses, l’éducation antituberculeuse de la population française, ont attaqué le problème par le bon côté : la première chose est en effet de savoir ce qu’il faut faire pour se protéger et guérir, et dans le peuple, il faut bien reconnaître qu’on ne le sait guère.

L’ignorance n’est pas la seule cause initiale de la grande mortalité