Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/903

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


moderne ne s’accommodent de cette unité abusive, de cette simplicité extrême… Même dans les théories philosophiques, il s’en faut que la simplicité soit toujours un signe de vérité. Dans les matières sociales il semble que ce devrait être une présomption d’erreur… L’ordre, dans nos sociétés avancées, ne saurait être qu’une variété savante. » Dangereux, en matière fiscale, sont les moyens Simplistes, toujours brutaux et injustes. L’Angleterre a depuis cinquante ans cherché à simplifier à l’excès son régime d’impôts, avec ce résultat qu’elle s’est trouvée fort empochée, au cours de la guerre, pour trouver des ressources fiscales autre part que dans l’income tax. Nos origines latines, nos formes légistes nous ont au contraire toujours portés à développer chez nous la diversité dans la taxation, et avec raison, puisque seule une grande variété d’impôts peut arriver à saisir aujourd’hui la complexité des manifestations de la richesse. La France était sans doute à la veille de la guerre la plus imposée des grandes Puissances, c’est elle en revanche qui, par l’abondance de ses procédés contributifs, avait en un sens à sa disposition le plus de « moyens » fiscaux. De cette multiplicité de moyens, plus que jamais nécessaire, il faut aujourd’hui tirer parti, à la lumière de l’expérience. Les préjugés d’écolo, les plus belles doctrines modernes ne sauraient nous régir ni nous suffire. Le temps n’est plus aux controverses académiques sur les mérites respectifs des impôts directs ou indirects, des impôts sur la richesse ou sur la consommation : les uns et les autres seront nécessaires, nous n’avons plus à choisir. Il faut s’adresser à toutes les sources fiscales, il faut demander le maximum de sacrifices à toutes les forces contributives, dans la mesure où ces sacrifices ne nuiront pas essentiellement à l’économie nationale. C’est, il nous semble, dans cet esprit que le gouvernement a depuis doux ans abordé le problème et développé l’effort fiscal français.


II

Il l’a développé avec une louable énergie, par étapes, en frappant à toutes les portes pour répartir sur la plus grande surface possible la pression des charges nouvelles. Il a utilisé tous les moyens de la fiscalité d’avant-guerre, non sans recourir, çà et là, à des expériences, à des innovations plus ou moins