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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/898

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emportera la honte de la plus grande tentative de mal qu’un peuple de barbarie ait pu rêver. » Sur les échelons de la barbarie germanique, la guerre sous-marine occupe un des plus hauts degrés. Il est impossible que le peuple allemand ne se rende pas compte bientôt de la profondeur du gouffre où les suggestions de l’amiral Tirpitz l’ont engagé. Le vice-chancelier von Payer vient de faire cet aveu : « La guerre sous-marine n’a pas eu des effets aussi rapides et sûrs qu’on l’escomptait. Il est vain de se disputer maintenant pour savoir à qui en est la faute. Nous ne sommes pas les seuls dans celle guerre qui nous soyons trompés. » En effet, tous les belligérants ont commis des fautes ; mais la guerre sous-marine, qui a été la plus lourde des fautes, est plus qu’une faute. D’une part, une campagne odieuse, déshonorante pour la nation qui s’y prête et sombrant dans la désillusion, d’autre part, l’Amérique, partant pour une nouvelle croisade, nous apportant la victoire dans les plis du drapeau étoile, le monde entier soulevé d’horreur… tel est pour l’Allemagne le bilan du crime sous-marin.


RENE LA BRUYERE.