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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/888

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communiqués officiels des Empires centraux donnaient des chiffres des pertes qui, totalisés, atteignaient 450 0000 tonnes !

De même encore, ils prétendent que la diminution de nos pertes tient à une activité moins grande de la navigation alliée. Voici des statistiques qui établissent l’inexactitude de cette assertion. En juin 1918, mois au cours duquel nous notons que nos sacrifices ont été les moins lourds, le tonnage des vapeurs de 500 tonnes brutes et plus, entrés ou sortis des ports du Royaume Uni de ou vers les ports d’outre-mer, a été de 7 430 386 tonnes. Les mouvements dans les ports français (entrées et sorties de vapeurs de plus de 500 tonnes) ont porté sur 5 761 942 tonnes brutes, contre 5 709 000 tonnes en mai. Le trafic de certains ports français a, d’ailleurs, augmenté d’une façon considérable.

Le succès du convoyage est attesté par les résultats suivants : de janvier à juillet derniers, sur 3 262 vapeurs escortés aux côtes d’Espagne, un seul fut torpillé, et sur 1363 navires escortés pendant la même période en Angleterre, aucun ne fut attaqué avec succès par l’ennemi- Sir Chiozza Money, secrétaire parlementaire du contrôleur de la navigation marchande, a déclaré aux Communes que, depuis juin 1916, près de 31 millions de tonnes, représentant une capacité de transport de 42 millions de tonnes, ont été escortés à travers l’Océan jusqu’aux côtes britanniques et françaises, et les pertes ont été seulement de 1,31 pour 100 du tonnage brut ou 1,29 pour 100 du tonnage utile. Ces chiffres, arrêtés au 29 juin dernier, s’appliquent à tous les risques de mer, sous-marins ennemis, mauvais temps, etc… et ils intéressent les bateaux britanniques, alliés et neutres. Quant au tonnage allié et neutre à destination de la Grande-Bretagne, il a subi, depuis le 1er janvier 1918, une perte d’un peu plus d’un et demi pour cent. » Même constatation en Italie où l’amiral del Bono déclare : « Nous avons eu dix-sept navires coulés en avril 1917 ; en avril 1918, nous n’en avons perdu que trois. En mai 1917, nous avons perdu dix navires ; et quatre seulement en mai 1918. En juin 1917, nous en avons perdu dix ; et en juin dernier, deux seulement, malgré l’offensive autrichienne. Au total, neuf navires coulés pour le trimestre d’avril-juin 1918, contre trente-sept pendant la même période en 1917. »

Mais pourquoi multiplier les exemples quand il n’en est