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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/887

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du coefficient journalier indiquant la puissance destructive individuelle des submersibles, du nombre des attaques par canon ou torpille, du rapport entre ces attaques et leur réussite, etc. nous arrivons toujours à la même constatation. Inquiétante, presque mortelle durant le premier trimestre 1917, la guerre sous-marine n’a cessé de décliner jusqu’au mois de juin 1918. Il est vrai qu’ici se place une recrudescence de l’activité sous-marine. Dans le courant de juillet, on enregistre 313 000 tonnes coulées et 327 000 tonnes en août, soit une augmentation de 48 000 tonnes sur le mois de juin. Mais ce résultat était prévu. En effet, les Allemands veulent à tout prix relever le moral de leur peuple qui commence à douter de la légitimité de sa cause et stimuler le zèle de leurs équipages qui s’avisent parfois de refuser le service. Des ordres pressants sont donnés aux commandants de couler le plus possible de navires en s’adressant principalement aux gros tonnages. En outre, les nouveaux croiseurs submersibles agissent sur les côtes de l’Amérique où ils jettent un certain désarroi. Ces flottilles profitent de la surprise que leur intervention provoque et du fait que les bâtiments naviguant dans ces parages ne sont pas tous armés pour attaquer au canon. Mais, après ce trouble passager, la courbe commence à, descendre. Les résultats du mois de septembre, ne sont pas encore connus dans leur détail exact, mais on sait que dans l’ensemble les pertes ne dépasseront pas 220 000 tonnes. Ce que l’on peut de toute façon affirmer, c’est que ce mois sera nettement plus avantageux que le mois de juin lui-même. Déjà la comparaison du tonnage coulé en 1917 et 1918 accuse une réduction de 51 pour 100. Nous ne pouvons ni ne voulons prédire l’avenir. Nous avons cependant de bonnes raisons de croire, bien qu’il faille encore s’attendre à des pertes cruelles, que les Allemands ne retrouveront, plus leurs succès passés.

Aussi nos ennemis font-ils tous leurs efforts pour entretenir les illusions de leur peuple sur l’efficacité de leur campagne. Une fois de plus ils recourent au mensonge et au bluff. Du 1er janvier au 30 avril 1918, ils déclarent avoir coulé 2 600 000 tonnes, alors que le chiffre réel est de 1 262 000 tonnes. Pour une même période, tandis que la liste des navires donnés comme torpillés par les commandants de sous-marins allemands, représentait un total de 2 900 000 tonnes, les